31 mai 2008
Kékette à 60€, le ticket.
Il voulait de la thunes. 60€. Il disait tu vois, chuis hétéro, moi, alors bon me faire sucer par un mec, déjà que je suis ok, c'est pas moins que 60. Je lui ai demandé pourquoi il voulait de la thunes, il a dit je me suis marié, et ça a couté cher. J'ai des dettes. Alors tu fais la pute, je lui ai demandé? Il a répondu oui, non, je suis pas une pute. J'ai dit ok, alors, mais pour 30. 30? Non... J'ai dit 30 ou rien. Il a dit bon alors ok, mais pas moins, hein? J'ai dit oui, pas moins. Il a dit je viens demain. Le lendemain par mail, j'ai dit ahh, mais là je n'ai que 15€. Si tu veux plus, faut que je sorte chercher 30€, mais je vais retirer de l'argent que quand tu seras là, parce que tu comprends, je vais pas aller retirer 30€ si t'es même pas là! Il dit ok, et puis non, merde, fais chier, bon ok pour 15€. J'ai dit ben ouais, une pipe à Boulogne, c'est pas plus de 20, faut pas abuser. Disons 15 cette fois, et puis plus si on se revoit. Il a dit ok. Et puis après j'ai pensé que les hétéros c'étaient tous les putes en puissance. J'ai décidé de dépenser mes 15€ à la boulangerie, en bas.
Diego et moi.
Diego il croit que sa mère c'est Catherine Deneuve, j'ai beau lui dire des trucs horribles sur elle, il n'en démord pas. Moi de mon côté, je me dis que je suis devenu PD parce que je ne pouvais pas me taper Jeanne Moreau. 
30 mai 2008
j'aime les perles du chat...
29 mai 2008
J'veux du lait, Georg...
Georg Holzer habite en Allemagne.

Et Georg Holzer est producteur de lait.

Son métier c'est produire du bon lait chaud... hummmm!

Mais voilà, Georg est en grève, il ne produit plus de lait....
Et moi je veux ton lait, Georg!!!!!!!!
26 mai 2008
D.E.G.A.G.E.
Dès qu'il est rentré, j'ai su comment il partirait, j'ai su ce qu'il dirait pour partir, et sa façon de ne pas se retourner dans le couloir aussi, en allant vers l'ascenseur, quand moi je pencherais ma tête vers le couloir en me répétant inlassablement pourvu-qu'il-se-retourne-pourvu-qu'il-se-retourne-pourvu-que.... Puis il tirera la lourde porte de l'ascenseur, et toujours sans un regard, en feignant de ne pas sentir dans son dos mon regard désespéré il s'y engouffrera, et je n'aurais plus comme dernier souvenir que le bruit de la porte de l'ascenseur qui se referme sur elle-même... Et se sera fini, il n'y aura rien de plus que ça, sa venue, son regard fuyant qui regarde un peu partout, comme si j'avais truffé l'appartement de caméras ou que c'était un traquenard destiné à le piéger, le violer peut-être, sa baise, aussi fuyante que lui, ses gémissements tus, presque par honte et son départ, sa fuite. Après je resterais seul, peut-être que j'y repenserais, à lui, je me dirais comme il m'a bien baisé, et je rebanderais, et je me branlerais une fois ou deux ou trois, jusqu'à ne plus pouvoir, ou alors au contraire, j'aurais honte, je m'en voudrais, je voudrais mourir, et je recommencerais, je rechercherais le même, un mec fuyant qui ne fait que passer, et je recommencerais comme ça, et je me dirais que c'est ma mort que je cherche à provoquer, que c'est pas possible d'avoir ce comportement compulsif sans vouloir vraiment mourir, je continuerais, et puis j'irais plus loin, je ferais du bareback, et un jour on me dirait que ça y est, j'ai réussi. Il fallait bien le faire cent fois, mille fois, je raconterais au docteur, mille bites dans ma bouche et dans mon cul pour ça, pour qu'on m'annonce ma délivrance enfin, qu'on m'annonce enfin un nouveau but dans la vie, cette vie que je n'aurais pas complètement perdu parce que maintenant, docteur, grâce à vous, maintenant, je sais contre quoi je lutte. Je connais mon ennemi, et je sais d'avance qui de lui ou de moi jettera l'autre à terre, docteur...
C'était déjà écrit, et j'enrageais presque de laisser les choses se dérouler comme ça, encore une fois, je voulais faire quelque chose pour retenir le flux normal du temps, des allers et venus dans l'appartement, des images que l'on venait me voler, des souvenirs un peu lâches qu'on me laissait.
C'était déjà écrit, alors j'ai hurlé. d'un coup, comme ça, j'ai dit dégage, sors d'ici, connard, je veux pas ta bite de merde, et ta gueule de pute, je veux rien, je veux rien de tout, dégage, dégage, je hurlais, je hurlais à en perdre la voix, je chialais, je crois aussi.
25 mai 2008
David, (l'inconnu) et moi.
A David, que je ne connais pas mais qui m'a écrit en me demandant de garder pour moi sa lettre, j'ai répondu:
"J'étais au Dépôt, en effet, et j'ai vu moi aussi le temps s'arrêter,
cette ambiance gonflée à la musique électronique, à la danse et la
sueur, aux regards qui transpiraient le sexe, le mal de ça, j'ai vu
tout ça s'arrêter d'un coup. Et je regardais, je riais, intérieurement,
je pensais que je l'écrirais, je pensais que c'était étrange comme
soudain on pouvait tomber sur le réel et ne plus s'être souvenu qu'il
ne rôdait pas loin, derrière de lourdes portes ou sous la musique... Je
riais parce que soudain tout ce sex-appeal et cette odeur de cul
ressemblait à une boum de collégiens boutonneux, je m'y revoyais à la
première, celle où j'ai embrassé une fille contre la porte vitrée du
salon en regardant Gérald, blond et mince, aux yeux étrangement bleus,
qui me regardait aussi. Qu'est-ce que j'ai été con de refuser de
prendre ma douche avec lui un peu plus tard, encore maintenant, je m'en
veux.... Juste que je ne pouvais pas.
J'étais au Dépôt avec un ami New yorkais (c'est comme la Tour Eiffel, le Dépôt), qui ne traînait pas très loin. Je me
demandais quand je partirais à New York moi aussi, et si finalement
Paris n'était pas devenu trop petit, et si finalement à New York je me
plairais? Les rues dans lesquelles les gens marchent, du nord au sud et
de l'est à l'ouest, c'est bien, mais un jour sans doute j'en aurais
marre de les voir marcher, aller d'un trottoir à l'autre, à intervalles
régulières. Ils ne s'arrêtent jamais de marcher, ces gens, et ici, à
Paris, on aime tellement ça, s'arrêter de marcher, arrêter de courir,
toujours courir. Comme si la mort leur courrait derrière.
Je riais, si tu savais, ça me plaisait d'être là et de voir tous ces gens comme ça, un peu hébétés.
Il y a longtemps que j'ai arrêté de baiser dans les backrooms. Pas
parce que je trouve ça sale, au contraire, j'aime ça, vraiment. J'aime
que ce côté si rude ne soit plus nié comme à la surface, quand les gens
font semblant que ça peut être joli et cool, de vivre ça, ce viol,
cette bite qui te rentre dedans, qui te fait mal, cette bite que tu
avales, que tu voudrais engloutir, avec laquelle tu voudrais
t'étouffer, crève charogne. faut arrêter de raconter des conneries, je
préfère mille fois les connards que j'ai croisé cet après midi à
l'Assemblée Nationale et qui disait que les PD ça craignait, parce
qu'ils le disaient à voix haute, en tremblant à peine, et que moi
j'avais le coeur qui se soulevait, et mon ami Américain qui trouvait ça
si cool qu'en France dans le Congres Hall on puisse se demander si
légiférer sur l'homoparentalité ça allait pas créer un modèle pour la
société et la conduire à sa perte. Oui, c'est cool, cette vie-là, ce
Paris-là qui finalement a beau être petit n'en referme pas moins dans
ces recoins des moments où le coeur se soulève. Alain Piriou, en face,
il était livide, et après je lui est tapé sur l'épaule en lui disant
c'était bien, tu as été courageux.
Mes lèvres pincées, mon regard pressant et mon air faussement
nonchalent, oui, c'est vrai, sur ce tabouret qui ne bougeait pas du
sol, cloué, accroché, condamné à l'épouser, ce sol sale et putride, ce
tabouret de bar sur lequel je me suis accroché comme au radeau de la
méduse en pleine dérive, pour avoir au moins un truc auquel
m'accrocher, parce qu'il fallait bien, toi même tu as fui, lâche. Mais
je ne t'en veux pas, David. Au contraire.
Merci.
14 mai 2008
save the malvinas
http://www.petitiononline.com/malvinas/
08 mai 2008
chronique.
Elle était bien en chair, derrière ses lunettes mouches qu'elle ne quittait pas, un peu surexcitée sur sa chaise de café en terrasse. Elle sautillait. Elle regardait partout, à la recherche de connaissances, quand elle apercevait quelqu'un, elle criait son nom et faisait des signes de la main, "ohh, y a Claude, Clauuuuuude, Clauuuude". Puis elle attrapait la discussion là où elle en était, "c'est vrai que Alexis il a prit depuis qu'il est avec Eléonore". Elle attrapait le ventre d'Alexis entre son index et son pouce, et elle faisait un petit mouvement de va-et-vient avec la graisse d'Alexis, qui était assis en face. Ou encore plus tard "c'est vrai que la mère d'Eléonore lui fait des petits plats, Eléonore, l'autre jour elle me disait que sa mère ne lui faisait que des salades quand elles dînaient seules, mais quand mon Alexis était là, elle lui cuisinait des petits plats, hein, mon Alexis". Alexis était un peu gêné, raide sur sa chaise, partagé entre ses jeunes responsabilités d'adulte et ce nouveau statut qu'elles lui conféraient, et sa timidité naturelle, sorte de vestige d'une enfance qui se lisait encore au coin de ses yeux ou dans les rondeurs gracieuse de son corps. "Moi je voulais leur faire de la quiche et de la salade, et j'ai dit à Eléonore ah non, Alexis mange pas de salade, mais elle m'a dit Si, quand ma mère nous fait de la quiche et de la salade, il l'a mange, alors je me suis pas démontée, tu me connais, j'ai fait ben il va manger la mienne, de salade". Alexis à ce moment se décomposait intérieurement, mais semblait garder une certaine maîtrise. Il venait d'attraper dans sa petite sacoche une Camel qu'il tenait entre ses petites lèvres fines.
03 mai 2008
Dear Mr Craver
J'étais tombé sur cette chanson Dear Mr Gershwin sur l'iPod de Patrick, un peu par hasard, et tout de suite, j'en étais tombé amoureux. Et puis je la voulais, cette chanson, alors j'ai écris à Mike Craver, et il me l'a offerte. Comme ça. Bien sûr, c'est son job d'offrir ses chansons, et puis pourquoi pas, de me rendre accroc à son boulot. Mais nonononon, y a des petits chanteurs à la cervelle de bois qui ont des mini-succès et qui se sentent assez malin pour ne pas donner deux secondes de leur temps si précieux, je pense à Mathieu Rosaz. Ce nom ne vous dit rien, mais c'est normal. Et maintenant j'écoute Mike Craver, en me disant que ce mec est un vrai chic type.
01 mai 2008
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