un blog, une vie (de PD)

J'avais envie de sexe aujourd'hui, besoin d'étreinte, de caresse, de douce violence. Plus rarement j'ai besoin d'amour...

26 mai 2008

D.E.G.A.G.E.

Dès qu'il est rentré, j'ai su comment il partirait, j'ai su ce qu'il dirait pour partir, et sa façon de ne pas se retourner dans le couloir aussi, en allant vers l'ascenseur, quand moi je pencherais ma tête vers le couloir en me répétant inlassablement pourvu-qu'il-se-retourne-pourvu-qu'il-se-retourne-pourvu-que.... Puis il tirera la lourde porte de l'ascenseur, et toujours sans un regard, en feignant de ne pas sentir dans son dos mon regard désespéré il s'y engouffrera, et je n'aurais plus comme dernier souvenir que le bruit de la porte de l'ascenseur qui se referme sur elle-même... Et se sera fini, il n'y aura rien de plus que ça, sa venue, son regard fuyant qui regarde un peu partout, comme si j'avais truffé l'appartement de caméras ou que c'était un traquenard destiné à le piéger, le violer peut-être, sa baise, aussi fuyante que lui, ses gémissements tus, presque par honte et son départ, sa fuite. Après je resterais seul, peut-être que j'y repenserais, à lui, je me dirais comme il m'a bien baisé, et je rebanderais, et je me branlerais une fois ou deux ou trois, jusqu'à ne plus pouvoir, ou alors au contraire, j'aurais honte, je m'en voudrais, je voudrais mourir, et je recommencerais, je rechercherais le même, un mec fuyant qui ne fait que passer, et je recommencerais comme ça, et je me dirais que c'est ma mort que je cherche à provoquer, que c'est pas possible d'avoir ce comportement compulsif sans vouloir vraiment mourir, je continuerais, et puis j'irais plus loin, je ferais du bareback, et un jour on me dirait que ça y est, j'ai réussi. Il fallait bien le faire cent fois, mille fois, je raconterais au docteur, mille bites dans ma bouche et dans mon cul pour ça, pour qu'on m'annonce ma délivrance enfin, qu'on m'annonce enfin un nouveau but dans la vie, cette vie que je n'aurais pas complètement perdu parce que maintenant, docteur, grâce à vous, maintenant, je sais contre quoi je lutte. Je connais mon ennemi, et je sais d'avance qui de lui ou de moi jettera l'autre à terre, docteur...
C'était déjà écrit, et j'enrageais presque de laisser les choses se dérouler comme ça, encore une fois, je voulais faire quelque chose pour retenir le flux normal du temps, des allers et venus dans l'appartement, des images que l'on venait me voler, des souvenirs un peu lâches qu'on me laissait.
C'était déjà écrit, alors j'ai hurlé. d'un coup, comme ça, j'ai dit dégage, sors d'ici, connard, je veux pas ta bite de merde, et ta gueule de pute, je veux rien, je veux rien de tout, dégage, dégage, je hurlais, je hurlais à en perdre la voix, je chialais, je crois aussi.

Posté par Mike Nietomertz à 23:46 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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