22 janvier 2008
Le vent qui tourne...
C'est bizarre ces gens qui s'éloignent, et ne se rapprochent plus que par intermittence, autrefois ils étaient là presque tous les jours, disponibles et aguerris, je ne devrais pas écrire "bizarre", non, je devrais écrire bouleversant. Parce que ça l'est. C'est le vent, il tourne, c'est le vent qui tourne. C'est l'absence qui créée le manque. Oui, probablement. Adieu Berthe, au vent mauvais, ça c'est Gainsbourg qui reprend Verlaine, enfin adieu Berthe c'est Murray. Dans la série, je m'arrête là pour ne pas citer Ferré, Barbara et les autres, c'est leur fond de commerce l'amour et la séparation, à croire que c'est eux qui l'ont inventé, en tous les cas, ils n'ont rien inventé de mieux depuis. Alors voilà, c'est un peu comme une séparation amoureuse, le moment de se dire au revoir, et les milliers de choses qui viennent se mélanger dans ma tête, les choses que j'avais encore envie de dire, que je n'avais pas osé dire, ou garder pour plus tard, c'est maintenant, plus tard, après ce sera trop tard, ça se bouscule, je t'aime, ça, ça résume tout, mais attends, fais attention à toi, baisse la garde un peu des fois, laisse aux autres la chance d'accéder à toi, à ce que tu es, à ce que j'ai eu la chance de connaître, que maintenant je sens s'éloigner, que définitivement j'aurais perdu une fois tourné le coin de la rue, et puis, tu sais, je voulais faire encore un ou deux courts avec toi, je t'en avais parlé, et puis surtout n'hésite jamais à revenir vers moi, je ne t'attendrai pas, nononon, mais j'aurais toujours un peu de temps pour toi, allez, beaucoup si tu as besoin, putain ça me fait mal, là dans le cœur, comme un pic, un pieu, un truc qui s'enfonce, ça me blesse, pas l'abandon maternel rejoué, arrête avec ça, c'est idiot de toujours citer Freud, putain, encore tes bras, l'odeur de ta peau, une dernière fois, ta nuque puissante, je la regardais souvent, mais tu ne le savais pas, ahh, je rigole, je repense aux moments marrants, là fois où on a glissé sur les pavés mouillés, la casserole, et puis, tu sais, quand tu étais là après H., quand la Terre s'effondrait autour de moi, je ne t'ai pas remercié? Merci, merci pour avoir été là, merci pour avoir su comprendre chaque chose, les plus compliquée, les plus connes chez moi que gentiment tu as mises à plat devant moi, putain, mais sans toi je sais pas si j'y arriverais. Sans toi je sais que j'y arriverais, parce qu'on arrive toujours, hein, on le sait toi et moi, mais pars pas, pas encore, encore un instant, laisse moi croire une seconde de plus que tout ne s'arrête pas comme ça, que cette putain de douleur là qui va finir par me plier, non, te bars pas, pars pas, t'en vas pas. Et puis dégage, va-t-en, va-t-en parce qu'il est encore temps, parce que je ne vais pas te courir après, parce que je ne vais pas pleurer, dans un instant ce sera trop tard, va-t-en, ne reste pas, lâche-moi avec tes yeux mouillés et les larmes qui me viennent, je les ferme et quand je les ouvrirai... je t'aime, tu n'oublieras pas, hein?
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