21 décembre 2007
Aéroport, aérogare, mais pour tout l'or m'en aller...
Je suis tombé sur une musique de Jean-Philippe Goude, que je ne connaissais pas, que j'ai tout de suite aimé, "Vies actives, vie fictive". Je ne sais pas pourquoi, aux chansons en papier maché qui donnent la marche à suivre avec leurs paroles répétitives de je t'aime et toi pas ou ne me quitte pas, blablabla, en ce moment c'est plutôt ça que j'écoute, des musiques qui me laissent un peu d'espace. J'aurais mis ça, "Vies actives, vie fictive" sur notre course, à T. et moi, dans le métro où j'ai croisé une vague connaissance d'un ancien temps à qui j'ai fais la bise, T. m'a demandé c'était qui, et j'ai dit je sais plus, puis on a courru dans les couloirs, il était nerveux, et moi aussi, on se parle toujours mal, dans ces cas-là, mais on s'en fiche, on en rigole, on dit tu es nerveux, et l'autre réponds non c'est toi, quoi, moi, nerveux? On fait semblant de ne pas l'être, nerveux, de ne pas courrir vers un aéroport en grêve avec une marge de quelques minutes, sortir de la gare montparnasse, courrir vers le bus, jeter sa grosse valise dans les soutes du bus, il est monté le dernier, il allait vers l'aéroport, c'était marqué sur le devant du bus, avec des diodes, où il allait s'en aller. Je le fais tout le temps, ça, de partir à l'autre bout du monde. C'est même un de mes métiers. Lui il part plus rarement. Je l'ai laissé au bus, un grand bus avec des vitres noires, je ne voyais rien à l'intérieur, et puis j'ai refais la course, dans l'autre sens, il y avait beaucoup de monde qui s'était amassé sur le quai, la rame a été remplie en quelques secondes, en réalité je ne savais pas où aller, à la maison ou dans les magasins, à la Poste, oui, je traînais un paquet que je devais poster, à Châtelet, le métro s'est arrêté à cause d'une panne d'électricité, après quelques minutes, je me suis décidé, je suis descendu du métro, j'ai pris la première sortie, j'ai marché, je suis passé devant une mère qui jouait à cache-cache dans les sapins avec son enfant, à quelques mètres, il y avait une fille seule qui photographiait des arbres morts et sans lumières, je suis passé devant le cinéma, mais il n'y avait rien qui me faisait envie, ça aurait été pratique d'aller au cinéma, j'aurais trouvé une raison de pleurer, j'écoutais de la musique mais j'ai senti mon téléphone vibrer, j'ai eu un message de T. qui m'a bouleversé, il faut dire que T. et moi sommes avares de ces petits mots,je suis rentré dans Beaubourg, il y a une postière gentille, ça mérite qu'on vienne jusque là pour poster un paquet, et puis je n'avais pas assez de monnaie sur moi pour l'affranchissement, alors j'ai mis ce que j'avais dans une machine et j'ai collé le timbre insuffisant sur le paquet et j'ai envoyé tout ça, et je suis rentré, et je suis tombé sur une musique de Jean-Philippe Goude,
que je ne connaissais pas, que j'ai tout de suite aimé, "Vies actives,
vie fictive". Je ne sais pas pourquoi, aux chansons en papier maché qui
donnent la marche à suivre avec leurs paroles répétitives de je t'aime
et toi pas ou ne me quitte pas, blablabla, en ce moment c'est plutôt ça
que j'écoute, des musiques qui me laissent un peu d'espace. J'aurais
mis ça, "Vies actives, vie fictive" sur notre course......
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