un blog, une vie (de PD)

J'avais envie de sexe aujourd'hui, besoin d'étreinte, de caresse, de douce violence. Plus rarement j'ai besoin d'amour...

05 décembre 2007

Sida: dans le coeur des hétéros. ....

Dans le milieu hétéro dans lequel évoluent tous jeunes garçons et jeunes filles, ils doivent très vite apprendre que pour être hétéro, ils doivent être en forme. Sexy. Musclés pour les garçons, bronzées pour les filles. Ils vont apprendre à sourire, mais pas trop. A provoquer les regards, susciter l'envie, sentir le désir. Les filles à aller au club de couture pour savoir faire des ourlets. A boire pour oublier que leur vie de bonne mère au foyer sera ennuyeuse. Les garçons à aller au club de gym pour augmenter leurs pectoraux et leurs abdos. À prendre des anabolisants pour que ça gonfle plus vite. A ne pas regarder les bites de leurs voisins de douche, parce qu'entre hétéros, on ne regarde pas ça. A ne pas aller plus loin que la branle avec les potes, parce que comme plus haut, entre hétéro, même si on a envie, on ne touche pas la bite d'un autre. Les garçons devront apprendre à se tailler la barbe, se raser les aisselles, le ventre, le dos (pour certains), le sexe, c'est comme ça maintenant dans tous les porno, plus aucun garçon n'a de poils de plus de 1cm. Les filles aussi, l'apprennent assez vite, à se raser les aisselles, la moustache, le pubis, le cul, les jambes. Pas un poil en trop pour les filles, elles savent assez vite renier cette partie "virile" (ou naturelle) de leur anatonie. Le samedi, ils iront choisir le bon jean, le bon tee-shirt, la bonne couleur, la bonne longueur de manches. Boire un premier verre au bon endroit, mater, se faire mater, draguer, se faire draguer… Pour les garçons, découvrir tous les trucs qui font bander, tenir des nuits entières : les poppers, les anneaux, le viagra, la coke, l’exta… Découvrir les réseaux Internet, les rencontres à l’aveugle, les saunas mixtes, les club échangistes, les peep-shows, les films porno sur le net, l’excitation constante, qui ne doit pas s’arrêter, jamais, jamais…
Dans certaines circonstances, l’univers hétéro est un univers guerrier, qui met en jeu des fantasmes assez rigides de virilité toute-puissante et de féminité soumise dans des affrontements dont on finit tôt ou tard par sortir blessé : pas assez beau/belle, pas assez jeune, pas assez bandé/bandante, pas assez musclé/bronzée, pas assez désirable… Dans cette univers virile, les femmes sont des objets que l'on voudrait rabaisser avec la même force que l'on s'est senti rejetté. Les femmes, de leur côté, jouent le jeu amoureux en mettant constament en concurrence leurs prétendants, en rejettant cette image de femme-objet des porno tout en appliquant à la règle les diktats porno: chatte rasée, cheveux longs, ongles longs et soignés, talons hauts, jupes courtes, strings et bas... Il ne se vend plus beaucoup de culottes de grand-mère, quand aux rasoirs, il en existe maintenant de toute taille, toute couleur, du rose au vert.....
Ces blessures en ravivent bien d’autres, des rejets plus précoces, et font le lit d’une dépression larvée. Dans ce contexte, se protéger n’est pas toujours une priorité. Dans ce monde hyper-masculin et hyper-féminin et très codifié, les hommes gomment une dimension féminine et jouent à être des hommes quant aux femmes, elles jouent du fantasme qu'elle représente tout en le rejettant. Et donc, repoussent le plus loin possible les limites du risque. Parce qu'en effet, si garçons et filles se rasent le pubis pour « faire porno », ils poussent le vice jusqu'à reproduire non pas que les acteurs/actrices, mais aussi les pratiques dont on sait bien que dans les films porno hétéros, elles font la part belle aux relations à risques...

Ce texte est un plagiat.
Le texte original est sur le  blog. de Serge Hefez, un shrink Français, j'ai simplement remplacé "gay" par "hétéro" et rajouté quelques détails du même acabit. Je le reproduis ici avec les commentaires que son texte a suscité sur son blog!

Texte original:

Sida : dans le cœur des hommes

Les statistiques rendues publiques à l’occasion du 1er décembre mettent en évidence des chiffres hélas terriblement clairs : comme le souligne Didier Lestrade, figure emblématique de la lutte contre le sida, «l’essentiel de la reprise de l’épidémie est réservée aux homos».

Ces données corroborent nos observations quotidiennes à ESPAS où viennent nous consulter des jeunes gens de plus en plus nombreux à se contaminer, parfois dès le début de leur vie sexuelle, alors que les plus âgés remplissent moins leur rôle d’initiation à la protection.

Bien des hypothèses méritent d’être examinées pour expliquer ce relâchement chez ceux-là même qui ont forgé toute l’infrastructure associative de lutte contre la maladie, et impulsé l’essentiel de la dynamique de la prévention : fatigue du maintien du préservatif sur le très long terme, moindre inquiétude liée à l’efficacité grandissante des traitements. C’est vraisemblablement exact. Il est cependant un aspect des prises de risque peu analysé qui tient à mon sens à un changement profond des représentations de l’homme homosexuel.

Je m’appuierai sur le témoignage de Jules que j’ai rencontré quelques semaines après sa séroconversion. Jules a, comme beaucoup, épuisé son énergie adolescente à lutter contre l’homophobie quotidienne, et contre tous les démons qu’elle agite, à commencer par le dégoût de soi-même, jusqu’à trouver le courage de faire son «coming out». Qui, heureusement pour lui, s’est plutôt bien passé. Ce qui n’enlève rien aux tourments et aux angoisses qu’il a dû affronter pour parvenir jusqu’à cette «délivrance».

Mais la deuxième épreuve à laquelle Jules a été confronté, à l’orée de sa vie d’adulte, c’est la découverte de l’univers vers lequel ses chemins l’ont mené… Dans le milieu qu’il a choisi, il va apprendre que pour être gay, il doit être en forme. Sexy. Musclé. Bronzé. Il va apprendre à sourire, mais pas trop. À provoquer les regards, susciter l’envie, sentir le désir. À aller au club de gym pour augmenter ses pectoraux et ses abdos. À prendre des anabolisants pour que ça gonfle plus vite. À se tailler la barbe, se raser les aisselles, le ventre, le dos, le sexe. Choisir le bon jean, le bon tee-shirt, la bonne couleur, la bonne longueur de manches. Boire un premier verre au bon endroit, mater, se faire mater, draguer, se faire draguer… Découvrir tous les trucs qui font bander, tenir des nuits entières : les poppers, les anneaux, le viagra, la coke, l’exta… Découvrir les réseaux Internet, les rencontres à l’aveugle, les saunas, les back-rooms et les dark-rooms, l’excitation constante, qui ne doit pas s’arrêter, jamais, jamais…

Quand il me raconte ces tranches de vie, souvent avec épuisement, Jules me fait penser à ces samouraïs toujours prêts au combat mais que la vue d’une fleur de cerisier pouvait faire pleurer. Guerrier bardé de muscles, cuirassé jusqu’aux dents, son sexe en érection comme une arme de combat, pour protéger un cœur d’une extrême sensibilité. C’est avec cette armure, cœur protégé, qu’il va au contact sexuel de l’autre… Les hétéros homophobes qui se gaussent de leur féminité devraient y regarder à deux fois : chez beaucoup de gays, le désir d’être un homme désiré par un homme décuple surtout la virilité…

On est bien loin de La cage aux folles. Curieux retournement pour ceux que la Psychopathia Sexualis du XIXe siècle décrivait en termes d’une «âme de femme dans un corps d’homme».

Dans certaines circonstances, l’univers gay est un univers guerrier, qui met en jeu des fantasmes assez rigides de virilité toute-puissante dans des affrontements dont on finit tôt ou tard par sortir blessé : pas assez beau, pas assez jeune, pas assez bandé, pas assez musclé, pas assez désirable…

Ces blessures en ravivent bien d’autres, des rejets plus précoces, et font le lit d’une dépression larvée. Dans ce contexte, se protéger n’est pas toujours une priorité. Dans ce monde hyper
-masculin et très codifié, les hommes gomment une dimension féminine que bien des hétéros apprennent paradoxalement à laisser vivre en eux, et jouent à être des hommes. Et donc, repoussent le plus loin possible les limites du risque.

Car les prises de risque, excès de vitesse, excès d’alcool, excès de violence, quête de sensations fortes, sont des caractéristiques typiquement masculines. Dans La Fureur de vivre, celui qui lâchait le volant le dernier au bord du gouffre était un vrai mec. Les chiffres du sida en sont la preuve : sur fond de «un homme n’a pas peur, et pas mal» et «le premier qui lâche est un lâche», les pratiques dangereuses se multiplient et font des ravages dans ces milieux où la confrontation d’homme à homme redouble les valeurs viriles et le taux de testostérone…


• Serge Hefez •

Commentaires auxquels j'ai apporté qqs réponses en rouge.

Très juste analyse, j'espère qu'elle en éclairera plus d'un. Je rajouterai à vos propos le fait que beaucoup de gays sont d'éternels insatisfaits et en recherche constante de séduction, façon de se rassurer. Une quête sans fin, souvent jusqu'à pure perte.
Rédigé par: ALAIN | le 03/12/2007 à 08:16
Alain, crois-tu que seuls les gay sont d'éternels insatisfaits en recherche constante de séduction?

L'univers de Jules c'est celui de milliers de gays militants,qui prennent des risques et ils en paient les conséquences.
Moi, j'ai 76 ans , j'ai fait mon coming out à 18 ans, et j'ai toujours été hors milieu.J'ai une vie sexuelle épanouie qui perdure et je m'en porte tres bien.
Rédigé par: CARRON | le 03/12/2007 à 09:55
Carron, crois-tu que pour vivre une sexualité épanouie, il faut être hors-milieu? Et il est où le milieu, chaton?


C'est bien là tout le fonds du problème. Passe encore pour les jeunes qui sont vraiment homos et qui n'ont pas le choix. par contre il y a tout un courant d'embrigadement, j'habite Montpellier "la troisième ville gay" après Paris et Nantes, et les jeunes hétéros sont accostés partout. Que faire pour éduquer les personnalités facilement influensable alors que le discours des militants c'est "tu as le droit de choisir ta sexualité" !
Il n'y a pas d'informations sur l'après choix et sur ce qu'il implique de soumission aux règles de fonctionnement des autres.
La sexualité est-elle réellement un choix ?
Est-ce qu'il n'y a pas une forme de sectarisme derrière tout ça ???
Rédigé par: melodie 88 | le 03/12/2007 à 10:48
Mélodie, Mélodie, Mélodie, quand tu chantais, c'était mieux...

Bien vu bien compris
Rédigé par: lesouk | le 03/12/2007 à 11:22

Monsieur Hefez, je commence par vous citer: "Dans le milieu qu’il a choisi, il va apprendre que pour être gay, il doit être en forme. Sexy. Musclé. Bronzé. Il va apprendre à sourire, mais pas trop. À provoquer les regards, susciter l’envie, sentir le désir. À aller au club de gym pour augmenter ses pectoraux et ses abdos. À prendre des anabolisants pour que ça gonfle plus vite. À se tailler la barbe, se raser les aisselles, le ventre, le dos, le sexe. Choisir le bon jean, le bon tee-shirt, la bonne couleur, la bonne longueur de manches. Boire un premier verre au bon endroit, mater, se faire mater, draguer, se faire draguer… Découvrir tous les trucs qui font bander, tenir des nuits entières : les poppers, les anneaux, le viagra, la coke, l’exta… Découvrir les réseaux Internet, les rencontres à l’aveugle, les saunas, les back-rooms et les dark-rooms, l’excitation constante, qui ne doit pas s’arrêter, jamais, jamais…" avant de vous signaler qu'au-delà de votre fantasme du "milieu gay", il faudrait regarder un peu la réalité en face... Votre analyse est complètement fantasmagorique!!!!
Rédigé par: Mike Nietomertz | le 03/12/2007 à 12:05
Oui, c'est moi.


mmhh une solution par exemple s'il tombait enceint sans le vouloir peut-etre qu'il ferait gaffe:22 ans 3 gosses
merde le plan(-net?
certain hétéro devrait etre pris en exemple o moins pour cela,quesque cela coute d'en avoir dans la poche du pantalon-des capotes lubrifiées:taille maxi 4 cms sur 4cms en + distribuées discrétements?
un conseil en avoir au moins 5 en poches.ou + de 2.
en parlant d'homophobie la par exemple ma cinglée de voisine qui elle se vante d'etre soigneuse et bien elle devrait l'etre soignée..je vous file ses coordonnées ou bien.hospitalisation ou faut plus qu'elle se gene?.
bref le discours écrits et la les faits.
ce qu'elle dit d'eux qui ont le sida:on les a coulés..en plus a voir de l'h m dans tout..et elle fait partie du corps médical.
Rédigé par: so solution | le 03/12/2007 à 12:27
Sans commentaire.

hello,
cher Serge je suis extrèmement, si cela peut se dire, avec ce qu tu écrits sur laspect guerrier, la peur du rejet, qu'il faut combattre pour la retrouver dansle monde homo et le fait qu'une dépression larvée comme tu dis peut s'installer et la protection n'est plus prioritaire.
Et si les combats du coté des homos était d'apprendre l'acceptation et la diversité, comment je ne sais pas, vu la vigueur de nos schémas de représentation (moi le premier).
a+
renaud
Rédigé par: renaud rahard | le 03/12/2007 à 13:07
Mon cher Renaud, rien n'oblige personne à se conforter à des "shémas de représentation". Par ailleurs, si tu es aussi "extrèmement" avec des textes comme celui-ci, il y a de fortes chances que tu tombe dans une dépression larvée...

Quelle horreur!
Et c'est ce mode de vie qui est prôné en permanence par les médias, les politiques, les artistes, les faiseurs d'opinion, les bonimenteurs?
Mais c'est CRIMINEL!
Rédigé par: tovara | le 03/12/2007 à 13:26
Oui, Tovara, les médias, politiques, artistes, faiseurs d'opinio et bonimenteurs prônent tous la prise de drogue, la prise de risque sexuel, et l'usage à outrance des UV. Ça fait marcher l'économie, et en ce moment, elle en aurait bien besoin.

Le film My blueberry nights , de Wong Kar Wai, m'as fait reflechir sur la richesse de relations entre les femmes ...hélas , aussi le détriment , la manque de sincerité , fragilité par manque d'amour dans les relations entre le sexe masculin soit il hetero , bi ou hommosexuel . Je vous dites ça car sur ce film j'ai été sensibilisé par la richesse de complicités entre les femmes, et je voit que les relations entre les hommes se deteriorent par cette manque de complicité.Cette constatation pour moi est naturel , elle se renforce en vous lisant. Pour moi cette complicité est une force et une reférence. Le gouvernement doit entendre plus les besoins des femmes pour vaincre le Sida. Nos besoins étant en commun même si nos désirs sont différents.
Rédigé par: 100% | le 03/12/2007 à 13:56
100% je t'invite à vivre tes pulsions à 100%, pour commencer. La confiance est une affaire personnelle entre deux personnes. Quant au gouvernement, si il voulait vraincre le Sida, il devrait peut-être commencer par ne pas stygmatiser les sexualités en particulier.


Quel belle analyse.
Certains homos se sont enfermés dans un schéma au moins aussi destructeur que celui où les enferme l'homophobie de la société (non pas que les deux ne soient pas liés, d'ailleurs).
Heureusement, d'autres chemins sont possibles, où l'on peut essayer de se construire en choisissant ses propres représentations mentales et physiques, et en faisant la part du fantasme et de la réalité.
Rédigé par: François | le 03/12/2007 à 14:13
Je suis d'accord, j'aime qu'il y ait enfin des pincettes qui soient prises avec ce qui précède, même si cela induit que l'analyse n'est pas si "belle" (je n'ai pas dit qu'elle était moche, j'ai pensé pire).


Je trouve cette analyse brillante, parfois vraie, mais il me semble que le rapprochement entre contamination et excès de la vie communautaire et du désir me semble exagéré. La population hétéro est aussi très concernée par le "jeunisme" et l'idéologie du désir. Déresponsabiliser les homos sous prétexte que l'idéologie du désir fait des ravages dans leur milieu me semble trop aller vers une autre idéologie, "victimaire". Car, je peux en témoigner, les homos ont une particularité, bien sinistre celle ci: de par leur coming out tardif, ils apprennent très tôt à mentir. Ceux qui se contaminent ont beaucoup de mal à avoir du recul sur le contexte de leur contamination.
Rédigé par: enharmonie | le 03/12/2007 à 16:28
Enharmonie, évidemment les rapprochements opérés par ce texte sont éxagérés, c'est un moindre mal. Quant aux homo qui apprennent très tôt à mentir, ça me fait franchement rire. Je ne l'avais jamais entendu celle-là, mais vraiment, elle est exceptionnelle. C'est dommage, le reste relevait d'une finesse qui manquait par ici.


Une incursion intéressante dans une image devenue de plus en plus lourde à porter pour les gays, notamment en la considérant comme une deuxième phase dans le parcours d'un homosexuel. Evidemment en quelques lignes expliquer le relaps est une gageure, mais, la double couche de défi narcissique qu'affronte le jeune homosexuel (et je pense qu'il est bien long de s'en soustraire) crée une fatigue psychique qui risque de faire osciller entre dépression et toute puissance (ce qui n'est que l'avers et le revers d'une même médaille).
Une fois ces explications données, se confronter premierement au devoir dire, ou à l'aveu, ou à la sortie de soi, puis, deuxièmement, se confronter au devoir être compétent, voire compétitif, que fait-on ? quelle prévention propose-t-on ? retrouver une identité malgré les codes phallocentrés et ceux qu'une communauté a peu à peu façonner pour se reconnaitre, se protéger, exister ? un processus aussi long que la psychanalyse, somme toute. Mais si la question est massive, comment proposer ce travail à toute un groupe, toute une génération ?
Rédigé par: Emmanuel | le 03/12/2007 à 16:34
Mon Dieu, Emmanuel, lire Freud ne rend pas shrink, malheureusement.... Quant à la mise sous analyse de tout le "groupe" PD, pourquoi pas directement les envoyer dans un camp avec un triangle rose inversé sur la veste?

De même que depuis la nuit des temps il existe la fameuse promotion canapé, le "coucher pour réussir" ou on imagine la secrétaire aux dents qui rayent le parquet qui est prête a passer par la pour aller de l'avant et être acceptée dans un milieu ou elle n'aurait peut être pas eu sa place...il existe maintenant le "être homo pour réussir" dans beaucoup de milieux, le design, la mode...un de mes exs, un très bon ami maintenant, est un « homo intéressé » .Il a décidé de bosser dans le design et a choisi, après avoir stagné, s'être vu refuser des postes/stages/aides, d'accepter de coucher pour réussir...avec LE bon mec, désigné pour aider les jeunes mecs qui débutent. C'est aussi une nouvelle forme d'homosexualité, et le fait que l'homosexualité soit (heureusement) banalisée et acceptée permet beaucoup plus facilement à ces jeunes de "tenter" sans peur de représailles et puis, essayer, avoir une nouvelle expérience, et souvent pour obtenir quelque chose en 1er lieu, pour ceux qui n’avaient originellement aucune attirance homosexuelle...Apres tout, certaines femmes sont capables de coucher avec des types abjectes, qui les repoussent pour « réussir », certains jeunes hommes sont capables de faire la même chose avec d’autres hommes bien que n’ayant jamais eues aucune attirance !
En France on appelle ça du harcèlement sexuel, et c'est puni par la loi...
Un autre élément important du mode de vie excessif, extrême des jeunes homos aujourd'hui, qui est montrée en filigrane, c'est que, comme le montre Serge Hefez, la consommation de sexe aussi bien quantitative que d'un point de vue du nombre différent de partenaires, diffère de l'hétérosexualité. Deux hommes pourront aisément et fréquemment passer a l'acte après s'être croisés du regard dans un café...chez les hétéro, ça arrive davantage en boites de nuit, et autrement il y a, malgré la libération sexuelle, une certaine phase de séduction préalable. Un de mes amis homos me disait "vous les hétéros, etes coincés. Nous, il nous suffit d'un regard, d'un frôlement, d'un sourire, et on s'embarrasse pas de toutes les phases prendre un café/demander le numéro de téléphone, se connaitre..." Par ailleurs, la notion de fidélité dans un couple homo est aussi beaucoup plus libre, en général que chez les hétéros. Un homme acceptera (et se conduira comme tel aussi) plus facilement que son partenaire aille voir ailleurs un soir, un week-end...qu'une fille...d'ou la beaucoup plus grande possibilité de multiplier les partenaires...et donc les risques…
Rédigé par: Marie | le 03/12/2007 à 17:59
Petite Marie, si j'ai bien compris, les PD baisent comme les chiens: dès qu'ils en voient un, ils vont lui sentir le cul pour savoir si c'est une chienne ou un actif? Tu peux aussi coucher avec le premier venu si tu veux, tu sais, c'est toi et toi seule qui décide. Quant aux couples PD forcément infidèles, est-ce que je peux dire "mon dieu, les hommes hétéros ne sont pas fidèles, ils baisent tous leurs secrétaires?" ou est-ce que j'aurais l'air franchement idiote en disant ça?


N'en déplaise à d'autres je me reconnais complètement dans votre analyse. J'ai 35 ans, j'ai fait mon coming out à 16 ans, suis séropo depuis 16 ans et c'est seulement depuis peu que je commence à souffler un peu, à faire une pause dans le 'toujours plus' 'toujours plus fort' 'toujours plus loin' et que je ne dépense plus toute mon energie, mon argent et mon temps dans les drogues, le sexe et toute cette culture de la désespérance. Depuis peu j'ai remplacé ma carte du club med gym par un passeport, les ecstas et la coke par des billets d'avions et la boisson par des guides touristiques.. Mais à 35 ans je suis quasiment un retraité..
Rédigé par: stephtek | le 03/12/2007 à 18:24
Personne ne se réjouit d'une séroconversion. Mais est-ce que tu es moins PD maintenant que tu as changé de vie? Non, alors comment tu peux cautionner qu'on fasse passer tous les PD pour des putes bronzées et nympho?

C'est bien la preuve que toute injonction peut être mortelle. Se laisser dicter une conduite, un être, un paraître, se rendre esclave du désir de l'autre, c'est faire un premier pas vers la mort de soi.
Rédigé par: Anamnesis | le 03/12/2007 à 18:30
Anamnesis ou l'art de la philisophie en deux lignes. C'est pas mal. 

On pourrait inverser la problématique et rêver un peu. S'entretenir pour se plaire, pour plaire aux autres, pour conserver le respect et l'estime de soi, et du coup être safe.
Le problème est d'attaquer les normes esthétiques du milieu gay sans proposer d'alternative : on a tous envie d'être désirable. Du coup s'affranchir des modes est plus facile à dire qu'à faire !
Rédigé par: Hervé | le 03/12/2007 à 19:05
Hervé, tu tiens la clef de la solution.

Bonjour,
Je ne connais pas ces milieux, ceux que vous décrivez alors je ne me permettrais pas de dire quoi que ce soit.
J'ai pensé en vous lisant, que vous écoutiez bien vos patients. A partir de leur récit, vous vous les représentiez dans leur milieu. J'ai lu ce récit avec plaisir.
J'ai lu aussi les commentaires et je me suis dit que je m'étais laissé emporter par le récit, sans l'analyser.
Il me faudra revenir alors.
clémentine
Rédigé par: clementine | le 03/12/2007 à 19:33
Clémentine, si on ressent le "milieu" PD comme ça, c'est qu'on a rien compris, tu sais...


Analyse très juste à mon avis. Et qui recoupe l'opinion de nombre des psychosociologues qui s'intéressent à la communauté gay. Maintenant, ajoutez à la haine de soi, à l'image internalisée de l'homophobie sociétale, une substance faisant passer l'XTC, la coke et le GHB du côté des drogues douces, j'ai nommé le crystal meth, et nous avons là tous les ingrédients pour un désastre sanitaire majeur. Pourquoi j'en parle ? Parce qu'on estime qu'aujourd'hui aux States près de la moitié des contaminations chez les gays est une conséquence de la consommation de methemphétamine, substance qui non seulement accroît considérablement la libido, mais surtout désinhibe complètement les consommateurs notamment face aux pratiques à risque. Parce que je reviens de plusieurs semaines à San Francisco et que j'ai été choqué par le nombre de gays devenus accros à cette drogue. Ca se fume à la sortie des bars ou des boîtes, dans la rue comme si à Paris on la fumait devant les bars du Marais. Tout çà parce que personne, mieux que "Tina" (le nom qu'on lui donne dans la communauté) n'aide mieux les gays à surmonter une image interne profondément dévalorisée. Peu importe qu'à terme elles soit au moins aussi désocialisante que le crack. Et puis j'en parle surtout parce qu'aux dernières nouvelles Miss Tina aurait été de plus en plus vue aux côtés de membres de la communauté au Royaume-Uni. Combien de temps encore avant que le continent ne soit touché? Be afraid boys : méfiez-vous des cachets de Crystal Meth déguisé en cachet d'XTC : c'est tellement plus fort. Et tellement plus addictif...
Rédigé par: Bruno | le 03/12/2007 à 20:18
On devrait empêcher les PD de vivre, au moins on éviterait la crise sanitaire qui nous menace, non?


Je suis homo et je pense qu'une petite phrase avant ou après votre description de ce "qu'est un homo" n'aurait pas été de trop pour souligner que les homos ne se résume pas pas tous à cette représentation qui provoque justement la haine de certain milieu... Alors qu'il y autant de manière d'être homo qu'il y a d'homo !!!
Rédigé par: jerome | le 03/12/2007 à 22:15
Merci, Jérôme... et je rajoute et autant de manière d'être hétéros que d'hétéros aussi.


Merci de cette analyse très pertinente et sensible. Je pense, également qu'une partie des contaminations d'aujourd'hui est liée à une faible estime de soi. C'est très difficile pour les professionnels de la prévention d'intervenir à ce niveau. Il ne s'agit plus seulement d'informer ou de promouvoir le dépistage, mais de se donner les moyens de lutter contre l'homophobie (qui nous plombe aussi sûrement que le VIH) et de mener une véritable politique de promotion de la santé chez les gais.
Rédigé par: cleve | le 03/12/2007 à 22:38
Le noeud du problème est là, je suis d'accord, Cleve.

Tout cela me semble un peu caricatural .... allez voir l'intégralité du Marais et ailleurs ... vous y verrez qq différences, quelques modèles "hors normes". Votre histoire est bien écrite mais trop dans le stéréotypes.
Rédigé par: Frédérig | le 04/12/2007 à 07:17
T'es gentil, Frédérig, c'est pas "quelques modèles hors normes", c'est surtout la plupart des PD.

Je suis gay,j'ai 40 ans,je suis séropo depuis 16ans,je n'ai jamais eu le mode de vie que décrit cet article,j'ai été contaminé par un salaud que j'amais qui peut etre l'avait (ce mode de vie??) et ne m'a pas dit qu'il était séropo,peut etre par peur d'etre rejeté ou par pure perversité,j'en saurais jamais rien;je crois que tout cela est loin d'etre aussi simple que l'article le décrit;en tout cas cela renforce l'homophobie ambiante de croire que cela se passe ainsi chez les homos,!!
Rédigé par: bruno | le 04/12/2007 à 08:13
Bruno revient et je suis d'accord avec lui.


Bonjour Serge,
En vieux militant de la lutte contre le sida et aussi en vieux séropo, je suis en partie d'accord avec ton analyse. Mais en partie seulement. Le monde gay que tu décris est circonscrit à quelques pâtés de maison dans le Marais et ne représente pas le quotidien de la plupart des gays. Lorsque je travaillais à Têtu, j'ai pu mener à plusieurs reprises des sondages sur la fréquentation des établissements de sexe et il en ressortait que la grande majorité des répondants ne fréquentaient pas les lieux communautaires. Tu évoques l'image "il faut être beau, bronzé, sexy" pour être gay. Serait-il préférable que la presse véhicule l'image inverse? J'ai envie de croire que nous ne sommes pas dupes de cette image et que comme les femmes, nous ne nous laissons pas enfermer dans ce carcan. Même si c'est parfois une vraie pression sur les individus. Mais expliquer les prises de risque et les contaminations par cette analyse du milieu gay me semble un peu court. C'est peut être vrai pour quelques uns et encore. Les couvertures de magazine ou les saunas ne sont pas l'essentiel de la vie quotidienne des gays. Je lisais hier un article du New York Times sur Jersey City. C'est la ville en face de New York, de l'autre côté de l'Hudson. L'état du New Jersey a une des législations les plus en pointe des États-Unis vis-à-vis des gays, qui peuvent se marier et sont protégés des discriminations. Pourtant, beaucoup d'homos interviewés témoignent de leurs difficultés à vivre au grand jour au quotidien par crainte des quolibets, des réactions négatives voire des violences. Près de 40 ans après les premières manifs d'homosexuels, c'est cette réalité, poisseuse, de l'homophobie toujours vivace et d'une peur intériosée, qu'elles et ils décrivent. Mais encore un mot: nous les militants n'avons peut-être pas su (voulu?) trouver les mots pour poursuivre le combat de la prévention. Nous ne devons jamais être complaisants vis-à-vis du virus, toujours rappeler qu'une contamination est un drame irratrappable et que faute de mieux, la capote reste le seul moyen de se protéger du VIH. Et de protéger les autres. Et tant pis si on me dit que je suis ringard.
Bien à toi.
Christophe Martet
Rédigé par: Christophe Martet | le 04/12/2007 à 08:49
Je ne trouve pas que tu es ringard, je suis d'accord avec toi, c'est un peu facile d'accabler les "vieux militants".


...et encore, l'auteur n'aborde pas un sujet tabou de chez tabou : le VIOL Homo, notamment en prison, sur lequel règne en France une sacrée Omerta...
Rédigé par: tovara | le 04/12/2007 à 09:23
Il n'évoque qu'une image qui le fait fantasmer, je crois.


@bruno n'avez vous pas pensé que cela se passe comme ça pour beaucoup d'homos parceque justement ils ont vécu l'homophobie directe, indirecte, ambiante, latente sournoise et vicieuse de notre société?
Rédigé par: stephtek | le 04/12/2007 à 14:52
Genre des textes publiés sur le net qui font passés tous les PD pour des sidéens drogués et nympho?


L'analyse comporte sans doute du vrai... Et il faut que les gays en prennent conscience, et stoppent ce foutu relapse. Cela doit certainement s'accompagner de mesures concernant la prévention du SIDA, et de l'homophobie en général.
Mais tt cela ne concerne que les gays, les mecs homos. Et encore, un certain nombre (non négligeable qd mm à mon avis) ne vivent pas dans "le milieu", mais ce qui n'empeche pas une certaine dévalorisation de soi, et donc pourquoi pas des prises de risques inconsidérées.
Mais... Et les filles homo, les lesbiennes ? Y-a-til autant de mal-être ? De "pratiques à risques" ? (même si celles-ci, au niveau des IST, sont par la force des choses moins "importantes" que chez les gays ou les hétéros, mais au final on peut prendre des risques pour sa santé de bcp d'autres manières).
On parle, à mon avis, bien trop peu de ce que peut être la vie des jeunes lesb aujourd'hui, dans le milieu, et en dehors, ou bien souvent il y a un sentiment d'isolement et une peur de "le dire" aussi. Même si on s'en sort qd mm bien et qu'il y a de + en + d'ouverture, grâce à Internet pour en parler, en en dehors, ouverture d'esprit des "autres", qui l'acceptent de + en + j'ai l'impression. Mais ce n'est pas le cas partout et pour tt le monde non plus...
Rédigé par: Mily | le 04/12/2007 à 17:12
Je suis d'accord, ce texte ne fait que stygmatisé les PD.

Posté par Mike Nietomertz à 16:35 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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