13 novembre 2007
Le matin.
Il me semble que les bruits sont feutrés, que les
voitures et les motos roulent plus lentement, que dans la rue il n'y a pas d'éclats de voix, que les passants hatent le pas, il me semble que le matin tout est plus doux, plus lâche aussi. Et puis la grêve aussi annonce une journée calme, chez soi, dans le cocooning Ikéa (förbarmande Ikéa), et puis dans le lit T. est allongé, le corps chaud et mou...
Moi j'aime bien l'idée que la France soit bloquée par une minorité, j'aime bien que les cheminots arrachent leurs avantages à un gouvernement libéral, j'aime bien que la côte
de Sarkozy commence enfin à baisser (ben oui, bande de cons, comment avez-vous pu croire que votre pouvoir d'achat allait augmenter grâce à lui, que le chômage était en train de baisser, que vous gagnerez plus en travaillant plus, que vos banlieues seront plus sécurisées....). Qui en France va enfin dire aux cheminots que sans être des leurs, on soutient leur grêve. Qui va leur dire que même si leur travail n'est plus si pénible que ça, il n'empêche qu'ils le font pour ça, pour les avantages. ON EST TOUS PAREILS. On choisit tous les boulots que l'on fait pour les avantages qu'ils nous procurent, qui ose croire que eux accepteront de les sacrifier?
Le jour se lève lentement, sur la pointe des pieds, le ciel vire au bleu, au gris, les voitures accélèrent, T. bouge dans le lit, je l'entends, l'eau de la douche coule chez la voisine, la chasse d'eau à l'étage supérieure est tirée, ma cigarette fume, mon café fume, la radio parle plus fort, avec plus d'énergie. Le jour se lève, c'est le matin.
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