un blog, une vie (de PD)

J'avais envie de sexe aujourd'hui, besoin d'étreinte, de caresse, de douce violence. Plus rarement j'ai besoin d'amour...

29 septembre 2007

Twenty boxes.

1On m'a tendu un petit bout de papier avec une adresse mail et plié à l'intérieur 20$. C'est ce que je vaux maintenant, 20$ froissés et tendus avec beaucoup d'attention, pour bien signifier qu'il y a quelque chose, c'est important pour les gens qui donnent de bien faire sentir qu'ils donnent. J'aurais pu ne pas comprendre, juste lire la petite adresse email et jeter le reste, le papier vert un peu sale qui traînait dedans. J'aurais pu, je sais pas, ne pas m'en rendre compte, le mettre dans ma poche et le retrouver un autre jour en me disant damne, I've twenty boxes on the pocket. Je vaux ça, maintenant. 20$ c'est le prix de trois paquet de Marlboro Light dans un drugstore Californien, 20$ c'est le prix d'une petite bouteille de Bourbon achetée avant 10 pm à mélanger à du Coca, ça se boit comme du petit lait, même si, évidemment L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération. Une autre fois, on m'avait donné 100$. Encore un billet, donné la paume vers le bas, sans attendre de ma part que je me rende compte devant le donneur qu'il y avait du fric qui passait de sa main à la mienne. Il était Arabe, un Arabe d'Abhu D'abi, avec un regard noir qui me terrorisait, et un secrétaire avec lui qui parlait à sa place jusqu'à ce qu'il s'en agace. Là il s'est mis à me parler, à me parler beaucoup, à me dire des trucs en Anglais avec un accent marqué, je n'ai rien compris. J'ai fait ouioui quand je sentais qu'il fallait que je le fasse ou alors une mine de non c'est pas vrai en alternance. L'important n'est pas tant d'écouter, l'important est de donner le sentiment d'être écouter. C'est ça qui vaut 100$, l'impression que quelqu'un va vous écouter. Le reste, on s'en fout, ce qui est dit, ce qui en est fait, aucune importance. Le fric, ça c'est juste pour établir la hiérarchie, pour dire merci, oui, mais merci à un subalterne. Pas à un pair, ça c'est gratuit, pas à quelqu'un d'au-dessus, ça ça nécessite d'être payé.  Je pensais pas que je finirais par faire la pute pour 20$, je pensais pas que je finirais si bas qu'autrefois je n'avais pas besoin de remercier l'Arabe à 100$, mais vraiment presque embrasser les pieds de celui à 20$. Ça faisait longtemps qu'on  m'avait pas signifier ça: merci et sois reconnaissant, subalterne. C'est ou Millbrook? C'est là-bas que j'ai gagné mes 20$, à Millbrook. Y a un train pour New York, à Millbrook, c'est tout ce que je sais. J'ai le billet là, sous les yeux, je ne sais même pas ce que je vais en faire, le matin même j'avais retiré 50$, dépensé la moitié pour du stick à lèvres, celui que T. déteste, et un autre à la cerise, du chocolat, un paquet de cigarettes et une carte de New York. Je vaux 20$ et je ne sais pas si je dois m'en réjouir, me souvenir qu'avant j'en valais 80 de plus ou me dire que c'est pas si mal 20$ pour faire la pute. I'm a twenty box whore.

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26 septembre 2007

Imaginary love.

« o paradigma do bruto carioca; a moça dourada, misto de flor e sereia, cheia de luz e de graça mas cuja a visão é também triste, pois carrega consigo, a caminho do mar, o sentimento da que passa, da beleza que não é só nossa - é um dom da vida em seu lindo e melancólico fluir e refluir constante. »


Il y avait de la pluie, ou du soleil, le ciel était dégagé vers la Tour Eiffel, chargé vers le nord, il y avait du soleil mais il pleuvait, j'hésitais à aller voir "Les nouvelles histoires d'O." pour voir Almaric nu, et finalement j'ai marché, le long des quais, je me disais je vais filmer les quais, la seine, la pluie et le soleil en même temps, puis j'ai été dans les labyrinthes du Louvre, je me suis dit je vais filmer les mecs, et puis ça fait mille ans que je n'y suis pas allé. Et puis j'ai vu les mecs, toujours les mêmes, non pas ceux que j'y voyais avant, des nouveaux, mais avec le même regard de la honte sur le sol, les mêmes mains dans les mêmes poches, la fausse décontraction, et cette façon de fuir, tout, le regard des autres, la rencontre avec l'autre, et à la fois cette attente, cette envie, ce besoin. Il y en avait un jeune, très jeune, les cheveux noirs, le regard fuyant, et les autres qui défilaient devant lui, le frôlait mais ne s'approchait pas. Je me suis assis sur un banc, j'ai vu deux couples de touristes passer séparement, je me suis demandé si ils ne se doutaient pas d'être au coeur du plus vieux sexe du monde, celui de la rue, celui anonyme et vite fait, le sexe de dépannage, le sexe d'avant l'épouse, ou d'après le petit copain, le sexe de la solitude et du froid, des buissons et de la peur. J'ai pas filmé, j'ai pas osé, je me suis dit que c'était impossible, que pour filmer, il me faudrait cacher les visages, que pour filmer il me faudrait placer là des acteurs, que des vrais gens c'était compliqué. Alors je suis rentré en me promettant de revenir au matin, un matin clair.

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25 septembre 2007

Muss es sein.

Il a 27 ans, il fait une thèse sur un auteur obscure du 20è siècle, on fait ce genre de chose en thèse de Lettres modernes. Il n'est pas beau, il est jeune, surtout. Il a gardé malgré ses 27 ans les traits de la jeunesse, celle des vingt ans, la jeunesse insolente et fière, la jeunesse qui se fiche de tout. Je ne sais pas pourquoi je remarque ça, parce que j'ai deux ans de plus, que quand on vieillit, la jeunesse vieillit aussi, maintenant 27 ans ça me paraît jeune. Bientôt ce seront 30, puis 40 et enfin 50 ans qui me paraîtront jeunes, et puis je serais peut-être plus là. C'est mon truc, je crois, de me barrer un jour. Comme ça. Mais j'en suis pas là, j'en suis à le regarder, à chercher dans son regard, sur les traits de son visage, dans sa voix quelque chose qui me donne envie de lui. Je ne sais pas, au moins l'absence de T., le manque de sexe, quelque chose que je ne devrais pas chercher autant au fond de moi, quelque chose que je portais à fleur de peau avant: l'envie de sexe, le besoin impérial, le manque, ce truc qui nous fait tourner comme des rats. A la fin il m'agace, sa jeunesse idiote, T. à 3 ans de moins et je m'ennuie moins avec T. qu'avec lui. Il m'ennuit, son air de ne pas y être, de ne pas en être. J'éteins ma cigarette par terre, il me serre la main et je me bars, dans le froid, je me retourne pas. T. reviens.

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18 septembre 2007

Chanson pour une absence.

(...)
...cette chanson-là, oui, c'est... si tu veux, je voudrais moi, c'est une chanson qui s'appellera "chanson pour une absente", ou sinon, ben chais pas encore, je voulais faire une chose qui est absolument sans texte,  euh, (...)
bon, disons que c'est Paris, c'est un matin, c'est un matin de novembre, c'est un matin qui est pas encore froid, novembre, c'est encore ensoleillé, n'est-ce pas, frileux, c'est un matin, novembre, avec un temps de mars, en fait, y a un petit soleil comme ça, une petite pluie, et c'est dans Paris, c'est une marche très lente, une traversée de Paris, c'est noir, c'est comme une ombre, tu sais, une grappe, comme ça, tu vois, lourde de gens, pas gens, enfin tu vois, bon, et ça s'écoule comme ça très lentement, c'est sombre, ça, tu vois, et je voyais quelque chose qui faisait comme ça. (...)
Après elle chante, comme une longue prière, c'est elle qui le dit avant de chanter, et ça m'a courru dans la tête toute la journée, et c'est vrai que c'était comme une longue prière, ou un cri tu, ou quelque chose comme ça, tu vois. Et puis ça m'a fait penser à lui, à T., à ces cris, et au mien, à nos cris. Jamais synchrones. Nos cris d'incompréhension pour l'un et l'autre, ou pour le reste du monde. C'est étrange, avec lui, avec T. je n'ai jamais présenté les choses, ma vision du monde, ce qui me boulversait et ce qui me choquait. On en a jamais parlé, enfin jamais comme ça.

Ah, oui, j'ai visité ce site: addic

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Le sexe, juste le sexe!

En ce moment, à Paris, c'est un jour de soleil pour un jour de pluie, les gens retrouvent cette mine grise et fatiguée sous les néons du métro, et sur les trottoirs luisants on voit toutes ces lumières jaunes et rouges des réverbères, des voitures, des appartements, et moi je continue de courir d'un truc à l'autre, c'est marrant, ça me manque un peu d'avoir le temps. Je n'ai même pas pu aller à une superbe projection avec Claire et M. Même si tout ça m'excite, la radio, le magazine, les reportages, le boulot, les partiels, même si... Depuis que tu es parti, tu vois, je n'ai plus fait que des choses pour d'autres, c'est un peu comme si tout ce temps qu'on se gardait pour nous finalement était prit ailleurs, et je crois même que ce n'est pas une mauvaise chose. Finalement, finalement. Mais tu me manques, parfois. Ce soir, j'étais avec deux amis de M., un couple, ils étaient mignons, tous les deux, et bien sûr, les filles ont parlé de toi, on sentait que tu manquais un peu. C'est à moi que tu manquais le plus, j'étais avec ces deux couples, l'un en face de l'autre, moi je traînais négligemment mes pieds sur les chaises des autres. Je suis un peu courbaturé, j'ai commencé des petits exercises le matin, j'ai aussi sérieusement revu ma façon de manger. Et je soigne les plantes, comme une vieille peau dans son appartement de vieille. Tu me manques. Je voudrais que tu vois avec moi ces petites lumières sur les trottoirs, et aussi que tu m'écoutes en direct quand je fais ma chronique, et aussi que tu boive de la bière avec nous après les projections auxquelles je n'ai pas le temps d'aller, et faire l'amour avec toi, ça j'en rêve la nuit, je crois, avec cette sensation désagréable du lit vide le matin, ça devient guimauve, tout ça, je sais.

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10 septembre 2007

Night stand.

J'ai pas de nouvelles de T. Je sais bien qu'il est comme ça, c'est un homme, les hommes n'aiment pas les mots inutiles, et puis même sans doute, c'est que tout va bien. Pas de nouvelles... Et ces derniers temps j'avais mille trucs à faire, organiser deux interviews, préparer des examens à la fac, arroser les plantes, lire des trucs sur internet, entretenir ma correspondance et écouter une chanson de Barbara, mais alors qu'une seule. Regarder les épisodes de Dr House qu'il me manquait, faire semblant de bosser, penser que si je voulais je pourrais coucher, et me souvenir que je ne sais plus faire, et qu'entre-temps le temps a passé, je n'ai plus un âge présentable pour les rencontres sur le net, et puis m'en fiche, parce que après un certain moment, tout ça ça n'a plus le même sens que quand on a vingt ans. Donc plus aucune importance quand ça n'a pas de sens. Et dans ce cadre-là, non, ça n'en a pas. C'est comme faire toute sa vie là-dessus, faut pas espérer grand chose à sonder les profondeurs. Claire dit qu'on a changé. Vraiment changé, que des choses fondamentales ont changé en nous, que non c'est pas très grave, c'est même peut-être mieux. On parle d'enfant, ça devient quelque chose d'envisageable, de toutes façons T. m'en parle depuis un moment. Non, pas de sexe, pas de corps, pas d'inconnus, pas de couloirs noirs, pas de labyrinthe de buissons, rien. Même pas de nouvelles de T. Je sais bien, c'est un homme, et les hommes...

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09 septembre 2007

Le cul, le cul, le cul

Tout marche au cul, internet, et les rapports humains, les pub, le monde du travail, la recherche d'amour... On est tous obsédés par ça, on en dépend comme de la capacité à survivre, toutes les autres fonctions (manger, dormir, avoir chaud, etc) ont été facilités à l'extrême, et nous ne ressontons plus aucun besoin à l'égard de ces instincts. Sous le prétexte du cul, les pubs vendent de la bouffe, des yogourts qui ressemble à du sperme compact suçoté par des mannequins de seconde zone qui arrondissent leur fin de mois, des contrats d'assurance pour la maison et pour bénéficier de la protection rassurante d'un acteur craquant qui aimerait mieux être sur les planches que dans les télé Françaises. Des besoins inventés ad hoc. Le journal télévisé, lui, ajoute un peu de sel à nos vies de rampants obsédés par le cul en nous inventons des peur sur de micros évènements rendu macro grâce à l'effet de loupe de la télé. C'est arrivé près de chez vous, attention. C'est arrivé à quelqu'un comme vous, attention. Ça pourrait vous arriver, attention.<br><br>
rome

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08 septembre 2007

Amour.

Je me suis souvenu par hasard de ce garçon, j'ai oublié son nom, même son visage je ne m'en souviens plus très bien. Il avait mon âge, il habitait le quartier, il faisait de la musique et je crois que j'avais très envie de vivre quelque chose avec lui. Nos premiers rendez vous ont été très, comment dire, très soft, un verre, un restau et un petit bisou devant la porte. Il y en a eu deux, ou trois. J'écoutais sa musique, je pensais déjà qu'un jour je pourrais bien l'utiliser pour un film, que ce serait comme une collaboration amoureuse, donc un peu magique. Je pensais que ça pourrait être une jolie histoire. Un soir il est monté, on a bu un verre, et puis il est parti. C'est bizarre, je ne le sentais pas vraiment là, pas vraiment présent. Et pourtant il me rappelait, on se revoyait. Dans le bar en bas, une nuit, on avait commencé à boire une bière et quand la nuit était tombé, la lumière du bar c'était allumé toute rouge, et il avait de la musique accoustique, et on se croyait dans un cabaret érotique, ou quelque chose comme ça. Enfin bref, en fait, ce mec je l'avais oublié, j'avais tout oublié de lui, son prénom dont je ne me souviens plus, regarder en haut vers son appartement quand je passe dans sa rue,  tout ça, oublié. Et puis je sais pas, je me suis resouvenu de lui. De la peur de lui-même qu'il avait, de sa maladie, aussi, qu'il avait eu quelques jours auparavant, et qu'il ne gérait pas si bien que ça. C'est bizarre de se souvenir de ça, comme ça.

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07 septembre 2007

Dans un cas comme dans l'autre.

T. est parti alors je fais ce que je dois, je mets Chopin à fond dans l'appartement, je danse sur la pointe des pieds en faisant des cercles, les mains en ballerine, j'envoie des textos à mes anciens amants pour leur dire que je suis libre, qu'ici c'est open ass, je sors la nuit sur les grands boulevards et je filme les gens qui sortent des théâtres en se donnant la main et je les suis, je drague dans des pissotères puantes des gares sales et grises en attendant les militaires en permission, je me ballade du côté de Pigalle au petit matin avec le t-shirt relevé, je regarde toutes les braguettes des garçons en suçant une chupa chups, je m'enfile un god devant la webcam et je me connecte avec tous les gens présents, le matin je m'étire à la fenêtre de ma chambre en miaulant pour que les collégiens me regardent et je dis aux hétéros sur des sites de chat débiles que je suis une pute gratuite avec de la barbe et du poil au cul.... Je fais tout ça, enfin, je devrais faire tout ça. Au lieu de ça, je mets des garde-fous, pas de pizza, pas de coca, le moins de cigarettes possible, je bosse mes cours, je prépare mon prochain reportage, je mange du saumon et je décide d'arrêter la viande....

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06 septembre 2007

Le conte.

Evidemment je n'ai pas pu oublier toutes ces choses, tous ces sentiments, ces impressions, ces croyances, ces rêves aussi. Tout ce qui faisait un peu ce que je vivais. La recherche du bonheur, le graal absolu. Et les jours où ça ne venait pas. Toutes les fois où je me suis trompé aussi. J'ai écrit à Patricio. J'ai écrit te extrano. Parce que c'était vrai, je me mentirais si je disais que tout est parti comme ça, comme c'est venu, dans le fond obscure d'un couloir sale dans une backroom à Buenos Aires. Tout ne part pas comme le sperme, d'un jet expulsé en pleine crispation, et après tout n'est pas aussi silencieux que ça le devient après le sperme. Une fois que c'est sorti. Enfin. Une fois que c'est plus là, dedans, que ça ne tiraille plus, que ça ne donne plus envie de la planter partout où ce serait possible, même dans le trou d'une cloison avec derrière l'inconnu-bouche. Une chaleur. Un bruit particulier. Non, rien, une bouche et c'est tout, la gueule collée contre la cloison quand ça monte, que ça va tout exploser et sortir, qu'après il n'y aura plus rien à en tirer. Les larmes aux coins des yeux, les yeux fermés jusqu'à enfoncer les globes occulaires, les orteils tendus. Julie disait moi j'ai remarqué que tous les mecs mettaient leurs chaussettes avant leur froc. Moi j'ai envie de lui dire que moi j'ai remarqué que tous les mecs avaient les orteils tendus quand ils jouissaient. Et puis moi d'abord je mets mes chaussettes après. Et peut-être bien que je tends les orteils, je ne sais pas. je ne sais pas qui pourrait savoir ça, qui pourrait avoir été assez attentif à moi pour reconnaître chez moi ce tic d'acteur porno. Patricio semblait avoir facilement admis que notre amour n'était pas viable. Il semblait accepter la séparation, et gardait à mon égard des attentions qui me faisaient aussi mal que de ne pas l'entendre refuser ce constat, que de ne pas sentir au bout de la ligne longue distance ses larmes m'être reprochées. J'avais dit à Claire à ce moment-là, Patricio et moi nous quittons comme nous nous sommes aimés, comme deux adultes sains. Et si je devais me réjouir de cela, cependant, j'en éprouvais que plus de colère, de rage et d'énervement. Ce n'était pas possible, définitivement, que cet amour soit si fort qu'il nous tienne sur des milliers de kilomètres, pas possible que cette passion soit si belle qu'elle nous tienne en larmes de longs moments, des jours entiers pour finalement ne pas m'arracher de la poitrine le coeur en gerbant ma douleur. Il a quelque chose que les deux adultes sains que nous étions censés être avons loupé. Je ne sais pas. Les cris, les larmes, un départ précipités pour l'autre bout du monde pour dire à l'autre face to face que vivre sans toi est quelque chose que je ne suis plus capable de faire. Patricio était sur le départ, et moi je ne sais plus. J'ai rapidement rencontré T. J'ai rapidement rencontré T. et tout ce qui me paraissait indigeste avec Patricio, étrangement, je l'acceptais d'office avec T. Il en allait ainsi de la fidélité, de vivre ensemble, etc. Ça m'a fait mal, cette séparation. Vraiment mal. C'est peut-être là, dans ce petit sentiment caché dans une manche que je cache le vrai reflet en négatif de cet amour: un abîme de douleur qui ne dit pas son nom. Parce que je l'ai vraiment aimé.

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