29 juillet 2007
Les psy carambars.
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Qui a mis les carambars à côté du lit? La console Super NES avec tous ces fils qui pendent sur l'armoire et les lunettes de soleil qui corrigent la vue de Claire sur la table du salon? Parfois j'ai envie de ranger, mais vraiment ranger, je veux dire, prendre les choses qui traînent ici et m'en débarrasser. Je sais que les psy parlent de ménage intérieur, ils disent que ceux qui rangent mettent de l'ordre dans leur tête, ou encore que ranger un appart à fond, c'est prendre un nouveau départ avec des bases saines. Je sais tout ce qu'ils disent les psy. Je les connais bien, de plus en plus, même. J'ai déjà vendu le scooter. Un jour je vais aller dans la cave, tout mettre sur le trottoir et appeler la mairie de Paris. Ranger la cave, ils en disent quoi les psy? Helluvah chante now the end of the world is coming over us. T. il trimballe partout son petit sac avec son portable, ses clefs et son portefeuille. Un vrai sac de filles, ce truc. Il le cherche tout le temps, et c'est moi qui le trouve tout le temps. Il pourrait y mettre du maquillage, du parfum, des mouchoirs, un string propre, des tampons. Des trucs de filles, quoi? J'ai lu dans Times US un type qui parlait de la fin de notre civilisation, sous nos propres yeux, pas un truc d'apocalypse, tout ça, non, juste que notre civilisation finirait par mourir d'elle-même, que le processus était déjà engagé, que les signes qui nous arrivaient étaient on ne peut plus clairs. Fini les générations carambars-super NES-séries TV US... Fini les converses dans les film sur le XVIIIè, tout ça c'est de toutes façons un peu putride. J'ai jamais aimé les garçons qui mettaient des strings, c'est tellement ridicule que ça ne peut même pas être souligné. J'ai lu aussi que Alan turing avait beau avoir inventé l'ordinateur primitif, il a été condamné pour homosexualité. C'est un truc propre à notre civilisation, notre rapport à l'homosexualité et aussi notre besoin de l'être parfois. De le devenir définitivement aussi. Alors tout ça ça disparaîtra aussi. Bye-Bye tafiolles, drag-queens et trav qui font la pute le samedi soir à Boulogne. Je me demande juste ce qu'il restera de tout ça, ce qui nous survivra? Pas les psys carambars.
21 juillet 2007
En substance.
Ça va. La question mérite d'être posée, Laurence disait que ça n'avait pas l'air d'aller. Mais ça va, c'est pas un mensonge. J'ai passé tellement de temps à me poser cette question, à chercher des réponses qui ne soient pas de l'auto-suggestion ou de la complaisance. J'ai cherché des signes, justifié des trucs avec ça. Je disais si j'ai un manque de sexe, ce manque-là, celui qui prend aux tripes, quand on a envie de se mettre à genoux devant le premier venu, jeune ou vieux, laid ou magnifique, ce truc tellement PD de passer des nuits à chercher, d'arpenter des couloirs volontairement sombres, volontairement sales, pendant des heures et des heures, à la recherche du bon, la recherche du bon quoi? Du bon pourquoi? Seuls les PD connaissent ça, et les violeurs, aussi. Claire me disait j'ai été m'acheter des trucs, j'avais pas les moyens, mais je sais pas, ça me rassurait. Et moi je lui disais c'est pareil que pour les PD, c'est de la frustration, tout ça. On fait ça pour calmer le truc à l'intérieur, on sait pas quoi, ça importe même pas, alors on y va, on fonce, on cherche, on fouille, on croit avoir trouvé le truc/la personne qui va nous rassurer. Du flippe. De l'angoisse. Appelez cela comme vous voudrez. Mais ça va, ça ne m'est plus arrivé depuis un moment, c'est l'âge ou la vie, ou je sais pas, ça me reprendra peut-être, ça me mettra à genoux, de nouveau, ça me rendra esclave, de nouveau, ou je sais pas. Ça va. Se servir de quelqu'un pour calmer ses angoisses, se servir de quelqu'un pour jouir sans se soucier de son plaisir, ça s'appelle pas du viol, ça? Y a pas de violence, non, si, enfin parfois, mais oui, bien sûr, l'autre est consentant nous concernant, et c'est une différence énorme. Je ne dirais pas que les jeunes filles violées sont consentantes, d'abord parce que j'aurais des ennuis, j'ai eu assez affaire à la censure pour savoir qu'il y a des choses que le politiquement correct ne permet pas, et ensuite parce que mon propos n'est pas là. Je sais qu'il y a des PD qui me détesteront, qu'on dira que l'amour tendre existe, et que les fleurs bleues ne sont pas fanées. Il y aura même des exemples: moi avec mon copain on s'aime et on fait l'amour comme si on avait 14 ans et qu'on était des Américaines blondes écervelées. Ou encore j'ai jamais usé de violence dans le sexe, j'aime la douceur et la tendresse de mes rapports, blablabla. Y a toujours des gens qui se pensent plus tendres que Bambi et plus beau que Ken. M'en branle, de ça. La violence peut être sourde. Une des rédac'chef(e) que j'ai eu l'occasion d'avoir me disait que les viols étaient bien plus fréquent dans la population qu'on ne le croyait, que des femmes étaient victimes de viol très fréquemment, de la part de leurs maris, souvent. Qu'une femme qui dit non et qu'un homme qui force, c'est un viol.
C'est vrai. A priori. Je ne suis pas un violeur, je le précise à toute fin utile. Se poser des questions sur la violence sexuelle entre hommes ne fait pas de moi un violeur. Après la rumeur d'avoir le Sida, on ne me collera pas celle d'être violeur. Je dis juste que c'est pas toujours un homme sur une femme, le viol, que c'est pas toujours une personne non consentante, je dis ça. En substance. Je ne dis pas que je viole T. Ni qu'il me viole. Je ne dis pas que j'aime ça, chez moi ou les autres. je dis c'est un fait, ça existe.
20 juillet 2007
In the mood for love.
J'écoute la musique d'In the mood for love, et je retrouve la nuit telle que je l'avais laissé ce matin, quand le jour blanc commençait d'apparaître et qu'exténué, j'avais fini par aller me coucher. Les gens qui écoutent cette musique vivent la nuit, il n'y a que la nuit que cette musique prend sens. Tout doit avoir un sens, tout à l'heure je me disais que le seul sens du couple était de pouvoir enfin savoir combien pesait sa tête. Et puis le porter pour aller le coucher, du salon à la chambre, et qu'il me dise merci. C'est toujours maladroit, de dire ça. Il transpire, la nuit, il a chaud. Il rejette la couette au pied du lit, où il se glisse sur elle, et il dort comme ça, nu. A l'air. Sur le ventre en général. Mais surtout, la nuit il n'a pas peur d'aller se coucher, il n'a pas peur de dormir, il n'a pas peur. On a pas mis de mot dans l'entrée encore, pour le chat qui est mort, le joli chat blanc pur qui est tombé de la fenêtre. Il est détendu. J'ai caressé les points sensibles, ceux qu'il ne m'autorise pas quand il est conscient. Et puis j'ai glissé un doigt dans son cul. Détendu aussi. Je me disais que c'étaient aux endormis qu'il fallait faire l'amour, parce qu'ils n'auraient pas mal. Parce que le sexe ne serait pas violent pour eux comme pour les autres, ceux que l'on viole quand on leur fait l'amour, parce qu'on est maladroit, ou pressé, ou impatient, ou trop fougueux, ou pas assez attentif. Peut-être aussi parce qu'ils nous le demandent, parce que c'est bon de se faire peur, ou mal, parce que dans le fond c'est que dans ces moments-là qu'ils se sentent vivre. Un peu. Moi c'est toujours après, que je me sens vivre, juste après. Dans la minute où ça s'arrête, peut-être même un peu avant, par anticipation. Il me disait hier soir avant tu écrivais mieux, c'était bien plus prenant. Maintenant tu fais tout avec nonchalance et dédain. Je sais qu'il se trompe. Il est quel heure à Montréal? Le café est prêt, une cigarette. Je ne sais pas quoi écrire sur le mot "petit chat blanc tombé par la fenêtre, mort sur le coup (un mensonge pour atténuer la douleur) ramassé, mis dans un sac poubelle de la ville de Paris et ramassé par les services concernés, toutes nos condoléances, les voisins PD du 4è". "Nous sommes au regret de vous annoncer que suite à sa chute accidentelle, votre petit chat blanc est mort, nous avons pris soin de lui dans ses dernières minutes ainsi que de sa dépouille. RIP". T. évoquait l'éventualité de ne pas en parler, de laisser croire qu'il s'était sauvé, la fuite plutôt que la mort. Ou c'était Patrick, je ne me rappelle plus. "Ne jeter plus de chat par la fenêtre, c'est vraiment choquant". On en revient toujours à la mort, je ne savais pas que celle du suicide d'un chat me toucherait autant. Ou alors je suis cynique et putride, je me sers de cet événement pour valoriser mon existence morne et terne. On en revient toujours à la condition humaine, avec la mort. Celle des autres, celle des chats, la sienne aussi. Surtout. J'ai dit les chats ont sept vies, alors il n'en était peut-être qu'à la première. Quelqu'un m'a corrigé, a dit neuf. Il était beau, ce chat.
18 juillet 2007
Mais qu'on dira-t-on?
Je ne dis plus rien depuis un moment, je n'éparpille plus rien, je ne cris plus sur rien ni sur personne, je ne fais pas de pub sur moi à outrance. Je ne suis pas mort, j'ai vu le chat blanc de la voisine du haut tomber hier soir, un carré blanc pur que j'ai vu passer du haut au bas de ma fenêtre alors que je regardais le ciel sans savoir ce que c'était. Et s'écraser sur le macadam, et moi qui n'en ai jamais rien au à fiche des chats, je le regardais d'en haut, allongé sur le flanc, bouger ses pattes pour la dernière fois, et ça m'a donné envie de pleurer. Avec T. on est descendu avec un sac, et on l'a allongé dedans, puis on a appelé le commissariat qui a contacté les services concernés (ouioui, la police fait aussi secrétariat), et puis plus rien. Plus de sac, plus de chat dedans. Juste une petite tâche de sang rouge par terre juste devant l'entrée de l'immeuble. Il faudra prévenir la voisine.
C'est pas une raison, je sais. Moi je n'écris plus, je pensais même arrêter de le faire ici, je pensais même arrêter de le faire définitivement, ça devient toujours politique, d'écrire. C'est un acte qui nous engage, alors parfois on peut avoir envie de plus rien. Même pas de vivre.
C'est bizarre, ce chat. Cette mort-là.
04 juillet 2007
JT TF1/30 juin 2007
01 juillet 2007
Le cendrier orange.
C'est un cendrier en deux coques qui se referment l'une sur l'autre, comme un coquillage. Orange. Comme un coquillage orange. Un cendrier dans lequel on écrasait nos cigarettes dans son lit, il était toujours à côté de son lit. Je l'ai récupéré aujourd'hui, il l'a sorti d'une valise qu'il défaisait comme on fait sortir des lapins par magie des chapeaux haut-de-forme, et cette nuit je fume et j'écrase mes cigarettes dedans en regardant une daube Américaine en DivX. Et c'est à lui que je pense, je le maudis de ne pas avoir emmené son téléphone portable en partant en Allemagne, finalement. C'est cet objet du temps où l'on dormait chez lui parfois qui se retrouve maintenant chez nous, que j'utilise alors qu'il vient de partir pour plusieurs jours. Un cendrier coquillage orange.
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