27 février 2007
Go back to sleep.
J'écoute Helluvah en boucle au lieu de bosser mes cours, ça frôle le début de l'hystérie, cette berceuse que je me passe en imaginant que dans mon film je filmerai T. et toute cette violence que j'ai longtemps contenue et qui maintenant sort, qui maintenant explose, me dévore, gagne du terrain de jour en jour et fait péter les fragiles façades derrière lesquelles je me suis longtemps cru à l'abri. Paris ne bouge pas d'un cil. Moi non plus, la nuit, dans mon lit, quand j'ai son petit corps chaud et nu contre moi. C'est si fragile. Ca me donnerait envie de pleurer, si je ne me sentais pas plus fort d'un coup. Plus fort que toi. C'est une armée. Moi je suis pacifiste, mais je lutte toutes les nuits. Le jour aussi, parfois.
26 février 2007
Le petit bouquin (noir).
T. a dit qu'il finirait ses jours à Berlin, et que quand il entendrait à la radio cette chanson de Mika que j'écoute tout le temps, il penserait à moi, que je devais être content de ça, que même son Alzeihmer n'y pourrait rien face à cette madeleine, et moi ça m'a attristé qu'il dise cela. Après il a dit c'est mieux de faire ce que l'on fait quand on s'aime, et moi je ne lui ai jamais dit que je l'aime. Ni lui ne me l'a jamais dit. Il a dit on est des inconnus. Et moi j'ai dit ça fait une semaine qu'on dort ensemble toutes les nuits, tu n'es plus un inconnu. Mais il avait raison, nous étions des inconnus l'un pour l'autre. Un inconnu dont je connais l'odeur la nuit.
Il a ouvert sa bouche, et l'autre il bandait mais il a pissé dedans. C'était bizarre.
Hier soir on a dîné dans ce restau que j'aime bien, ou j'emmène vraiment toujours tout le monde, je pensais que j'étais dans un film, que ma vie était un film, je savais pas si les gens qui avaient envie de voir ce film étaient venu voir une belle histoire d'amour avec un générique qui se terminait sur un classique de la chanson d'amour, genre La vie en rose de Piaf ou All by myself par Eric Carmen (pas la daube de Céline Dion, svp) ou un drame psychologique. J'ai essayé de réfléchir à ça. Je savais pas, alors j'ai écouté T. Il disait qu'il avait envie de photographier une star du X en train d'enculer un steak haché.
Il a dit attache-moi. Il a dit manque moi de respect, comme tu fais aux autres, aux inconnus que tu ne reverras jamais. Et l'autre a eu peur, il a pensé quand je baise "en couple", je suis bloqué.
C'est joli cette chanson de Eric Carmen, All By Myself no wanna live, all by myself... C'est aussi désespéré que de ne jamais vouloir mourir. C'est vain. On est toujours seul. On mourra tous. Maintenant je bois du souffre. En liquide. T. a dit qu'il allait changer le monde, qu'on l'attendait, qu'il allait tout révolutionner. P. disait aussi des trucs comme ça, qu'il avait besoin d'une force extérieure pour sortir de lui des choses. Je me suis demandé pourquoi je me foutais toujours avec des mecs qui avaient des choses dans le ventre à sortir. En ce moment je vois Claude, mais je n'arrive pas à savoir si il va bien ou pas. C'est étrange ce doute, j'aurais envie de le prendre dans mes bras et lui dire que de toutes façons tout est vain, mais qu'y croire c'était déjà ça, qu'on y gagnait un peu, que c'était mieux que rien. Claire se ronge à nouveau les ongles.
Il a dit qu'il ferait un film et qu'il lui raserait le crâne dans une scène, il a dit qu'il acceptait de faire des trucs pour lui, que ça le dédouanerait pour le maltraiter pendant le tournage de son film. Et l'autre a accepté, ça le touchait. Parfois il le regardait avec les yeux brillants. Juste regarder, et c'était comme le fil ténu qui existe entre eux deux, ce regard croisé. Peut-être qu'il devrait filmer ça, mais l'autre, à chaque fois qu'il tient une caméra se moque de lui parce qu'il grimace avec la bouche ouverte.
Claire m'a demandé si elle devait aller chez le coiffeur. Je lui ai dit de ne pas hésiter, que ça lui ferait du bien, une nouvelle tête, que c'était toujours agréable un massage de la tête par une coiffeuse. Je me suis dit vivement le printemps, ça nous fera du bien à tous. Et c'était toujours le même décalage dans ma tête, l'impression de ne jamais vivre les choses au premier degré, de toujours être dans une dimension parallèle. Un moment, Claire disait que ce qui l'impressionnait chez moi c'était ma capacité à tout vivre au 1er degré. Mais je n'ai jamais rien vécu au 1er degré, je suis toujours à mille lieue de ce que je vis, sauf peut-être quand je jouis, là, pendant deux secondes, vraiment deux secondes je suis là, je vis ça et que ça. Mais le reste du temps, non. Je ne suis jamais à l'aise.
Il a dit vas-y jouis, moi je ne vais pas jouir. Et l'autre, il se faisait baiser, il a dit mais pourquoi tu vas pas jouir. Et il a dit t'inquiètes, jouis toi, je jouirais un autre moment, là j'ai pas envie, juste de te baiser. Sans jouir. Ça le décevait, ça se voyait sur son visage, la déception.
Je suis quoi, moi, dans tout ça? J'ai dit à Claire parfois j'ai l'impression que T. est mon amant, j'ai même dit précisément "un plan cul amélioré". Elle a demandé pourquoi et j'ai dit que les choses se passent si bien sexuellement m'étonne, je suis habitué à ce qu'en "amour" ça bloque. Elle a dit ça ne veut rien dire, c'est idiot. Et puis je me suis souvenu que j'avais affronté une heure de bouchon sous la pluie en scooter juste pour l'embrasser deux minutes, le prendre dans mes bras, et je me suis dit que si je faisais ça, si ça ça avait du sens pour moi, alors je me trompais sans doute. Puis j'ai vu un livre de T. et j'ai aimé ce que j'ai lu, j'ai même pensé que je devrais voler ce bouquin, que si de tout ça il ne devait rien rester qu'un caleçon avec l'Union Jack, alors je me devais de voler ce bouquin tant qu'il était encore temps. Je ne sais pas combien de temps il me reste. Je vais y réfléchir.
Blog que j'ai survolé aujourd'hui: Le Journal du Charme
22 février 2007
Et l'amour aussi.
Je n'attends rien, je n'attends rien parce que quand j'attends des choses, on m'attend au tournant. Alors cette fois on ne m'y reprendra plus, je n'attends rien. Je savoure, je me régale, j'en redemande, j'en veux plus encore, encore et encore. Et c'est comme une chanson de Mika, c'est explosif, ça ne s'arrête pas, on boit du café et on recommence, on fume et on le fait, on se réveille et on en a envie. C'est sans fin, ça va durer toute la vie, on va mourir fatigué de trop le faire, de trop baiser, de trop se sucer, de trop se bouffer le cul. On passe notre temps à se frotter, à sentir sur nos doigts l'odeur du sexe et la nuit on roule en scooter dans tout Paris, avec ces mains dans mes poches ou dans mon caleçon, et le jour on se lève tard et on boit du café à moitié à poil, et on fume. Puis je rentre avec une chanson de Mika dans la tête, je danse sur le scooter, je chante aux feux rouges, et à la maison je pousse le volume et j'oblige Claire à danser avec moi. Stuck in the middle. Le soir on traîne aux Beaux Arts et on se frotte, on va dans des galeries ou dans à Beaubourg, et on se frotte, on voit Claude et Claire et Myriam, on boit de la bière avec eux, et on rentre. Ca ne s'arrêtrera jamais, parce que je n'attends rien, juste peut-être que ça ne s'arrête jamais, que tous les jours j'ai à nouveau 23 ans, comme lui, et que la vie soit cool, que le soir on regarde tous les épisodes de Daria, et que le jour il porte mes caleçons et moi les siens. J'attends rien, juste que ça ne s'arrête pas.
Blog que j'ai lu aujourd'hui: Histoire d'un autre Paumé 
20 février 2007
Hétéromania
Je n'ai rien contre les hétéros, avant même j'aimais bien sucer les mecs hétéros, plus trop maintenant, ça m'ennuie de le faire, mais je n'ai rien contre eux, contre elles, c'est la morale hétérostandardisée que je ne bannis, que je dénonce, dont je ne veux pas pour moi, pour ma vie. Le modèle. Le sale modèle. La recherche de sa "moitié d'orange", comme si on pouvait être divisé en quartier. La fidélité à l'autre qui s'arrête là où commence l'hypocrisie. L'accouplement géniteur qui nous réduit à des animaux luttant pour l'instinct de survie de la race. Tout ça ça me fout la nausée. Le reste, je m'en fous, que des gens se prétendent hétéro, pourquoi pas. Moi aussi je prétends plein de trucs farfelus, je m'en convaincs, j'en fait des principes de vie. Ils sont même touchants, les hétéros. Alors je n'ai rien contre eux, contre elles. Je vais voter pour une femme hétéro, en plus. Ma propre mère l'est. C'est dire si je suis cerné. Ce que je dis n'est pas une menace, c'est une ouverture que j'essaie de créer. Rien de plus, agressif, délétère ou autre.
18 février 2007
Je Dis Aime.
Non mais c'est quoi encore ces histoires d'amour pour-toute-la-vie? J'ai jamais eu envie de ça, moi, jamais eu envie de jouer à papa-maman toute ma vie avec la même poupée Barbie, j'ai jamais eu envie de ça, j'ai jamais eu envie de me voir veillir sur les rides d'un autre, jamais eu envie de faire une croix sur le sexe au nom de la tendresse, je m'en tape de ces trucs faits pour les hétéros, je m'en tape de ces unions génitrices, on a jamais fait des enfants en se mettant une bite dans le cul, sperme ou pas (pardon Act Up, pardon Didier Lestrade),
je suis Peter Pan, je survole, je vis au Pays de Non-Pays, je sais, ça vous dépasse, j'ai envie d'aimer mille mecs et pas qu'un seul, envie de vivre mille histoires et pas qu'une seule, envie de m'envoyer en l'air au-dessus de vos têtes misérables, alors les chansons d'amour du répertoire Français, épargnez-les moi, je préfère mille fois un bon Velvet Underground qui parle d'héroîne que d'entendre Lara Fabian beugler je te dis Aime (oui, moi aussi j'avais déjà entendu ça chez M (Chedid)), la papesse des PD-des-années-80, j'ai nommé Dalida avait bien raison on n'a jamais fait de cercueil pour deux. Faut arrêter avec ça, maintenant. Arrêter. J'ai pas besoin de porno pour avoir l'illusion de baiser des gens alors que Bobonne attend à côté. J'ai pas besoin de penser à Barbie en écartant les fesses de ma maîtresse. Arrêtez.
16 février 2007
Blog que j'ai lu aujourd'hui: This is all about Audio Dynamite
15 février 2007
Vingt ans.
Je ré-écoute Barbara, c'est ma madeleine, Barbara, et à nouveau j'ai vingt ans, je viens d'arriver à Paris, je ne connais rien, je ne connais personne, ça m'excite, d'être ici, j'ai l'impression d'exister enfin. Je baise, je baise, je baise, il fait soleil du matin au soir, dans la grande chambre je m'allonge sur le lit et je sens le soleil sur mon corps nu à travers la fenêtre ouverte en grand, il y a des garçons qui viennent, avec qui je fais l'amour, qui me parlent de leur vie, qui me disent que je suis plein de fraîcheur, et puis il y a Patrick, assis sur les marches des chiottes de la Gare de l'Est, il a 20 ans, comme moi, il est brun, il a un regard dur et des traits doux, il me suit quand je descends, puis quand je remonte, puis dans le métro, il m'emmène dans les jardins du Louvre, on s'allonge presque nu au soleil, caché par des buissons, je suis heureux, j'ai vingt ans, il fait chaud, ça sent les fleurs et l'herbe, il y a des touristes partout avec leur appareil photo et leur lunette de soleil, et Patrick et moi, on va danser la nuit, et on baise le jour, on ne fait plus que ça, on ne mange plus, on s'en fout, on a vingt ans, il fait soleil, ça sent les fleurs, on dors chez ses parents ou dans le grand appartement qui donnait sur la cour, que c'est beau Barbara, à vingt ans, il se moque de moi, de ma
vieille chanteuse morte, je m'en fous, j'ai vingt ans, je suis heureux, et puis il était jaloux, et moi aussi, jaloux à vouloir tuer l'autre, tout plutôt que cette souffrance qu'il aille voir un autre, qu'il en aime un autre. Les vacances en Vendée, c'était bien, on se retrouvait la nuit, sans bruit, et le matin il fallait que sa grand mère nous retrouve chacun dans sa chambre pour nous réveiller, j'ai vingt ans, mon dieu, qu'est-ce que c'est bon, d'avoir vingt ans, et d'être ici, à Paris, au soleil, dans la chambre à la fenêtre ouverte. J'ai juste envie de faire un bond 8 ans avant. J'ai 28 ans et j'aime toujours autant me coucher dans l'herbe, vivement l'été.
Blog que j'ai lu aujourd'hui: Ze Moi
14 février 2007
La nausée.
Quand je suis sorti du train, à 6h05 du matin, il faisait froid et je me suis dit que l'hiver était là, qu'il allait faire froid tous les jours, à présent, et je me suis dit aussi que j'étais seul, que ce serait dur. C'était comme s'en rendre compte seulement maintenant, que j'étais seul. Je n'avais pas dormi de la nuit, j'avais regardé les heures défiler, comme à Lisbonne, dans l'hôtel de malheur où était H. accompagné, mais cette fois ce n'est pas pour ça que je n'avais pas réussi à dormir. J'avais la nausée, mais seulement dans le brouillard devant la gare d'Austerlitz. Avant ça, toute la nuit, je ne sais pas pourquoi, dans la campagne plongée dans le noir que je traversais, je n'arrivais pas à dormir. Avant le départ j'avais écrit à Claire un petit mot que je ne lui donnerais pas dans lequel je disais que j'allais revivre, qu'en moi les choses étaient peu à peu mortes quand j'avais cru à l'amour, quand j'avais décidé de lui laisser trop de place, qu'avant c'était mieux, quand mes tendres endormis défilaient, quand je chialais de ne pas les retenir, au moins j'étais libre. C'était ça mon destin, finir seul parce que je n'aurais pas été fait pour ça, pour l'amour de la télé ou du ciné, de la vie de Piaf et des chansons de Léo Ferré. J'étais comme une femme enceinte devant la gare, sous l'horloge, les gens passaient sans me voir, moi non plus je ne les voyais pas, j'étais absorbé, je me disais que j'étais une femme enceinte sans rien dans mon ventre, sans rien dans le coeur non plus. Je me souviens, à Claire j'avais écrit que je serais heureux, mais dans le fond, je crois que je voulais lui faire comprendre que je sentais peu à peu que j'étais seul, qu'avec P. je fermais le cycle infernal H., P., N. et G., que maintenant c'était bien fini ces histoires débiles avec ces garçons débiles qui tous m'ont assurés de leur amour alors qu'aucun ne m'a réellement rassuré. Ils sont tous partis, maintenant, vers de nouvelles aventures, des amours, des batailles nocturnes, des rêves d'ailleurs, et moi j'ai la nausée devant la gare d'Austerlitz. Quand je suis rentré, Claire était allongée dans le salon, enroulée dans la couette blanche du lit qui traînait sur la moquette blanche, l'image était belle. La cuisine, la chambre, la salle de bain, partout il régnait un désordre incroyable, mais j'étais content de ce désordre, de cette vie qui s'écoulait chez moi sans moi. De toutes façons j'ai la nausée.
12 février 2007
Don Diego.
Blog que j'ai visité aujourd'hui: Don Diego
08 février 2007
Juste je m'en fiche.
Je m'en fiche de cette histoire, je m'en fiche de ce garçon, je m'en fiche d'avoir eu envie de le connaître, je m'en fiche qu'il n'ait pas été capable de comprendre ça, je m'en fiche des cauchemars que j'en ai fait, je m'en fiche que Claire m'ait parlé de le rencontrer et que Claude m'ait demandé de ses nouvelles, je m'en fiche d'avoir été blessé, je m'en fiche de sa bouche fine et ses petits dents blanches, je m'en fiche qu'il ait été chez Francis, j'y suis retourné sans penser à lui, je m'en fiche que j'ai trouvé dans son regard de la tristesse qui faisait écho à la mienne, je m'en fiche de lui avoir dit que je ne voulais pas courrir derrière quelqu'un, que j'étais trop sensible pour ça et qu'il n'en ai eu rien à foutre, je m'en fiche qu'il déprime tous les soirs, je m'en fiche qu'il n'ait pas compris que je l'aurais emmené dans mille expositions, mille cinémas, mille parcs, mille brocantes, mille voyages dans le monde, je m'en fiche qu'il ne m'ait pas laissé le temps de lui montrer mon travail, et comme je m'amusais dans la vie, je m'en fiche de ses yeux, je m'en fiche de ses mains, je m'en fiche de son adresse, je m'en fiche de son chat, je m'en fiche de son odeur qui était resté dans l'ascenseur après son départ, je m'en fiche d'avoir aimé ça, je m'en fiche de son petit cul, je m'en fiche de n'avoir rien vécu, je m'en fiche. Juste je m'en fiche.
Blog que j'ai lu aujourd'hui: Un Blog, Mon Blog
(ouioui, c'est Harry Potter nu, mais même ça, je m'en fiche)
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