un blog, une vie (de PD)

J'avais envie de sexe aujourd'hui, besoin d'étreinte, de caresse, de douce violence. Plus rarement j'ai besoin d'amour...

16 août 2006

These days.

oc_anIl y avait l'océan en face, un bel océan plein de bruit et de vigueur, quand on ouvrait la fenêtre, ça faisait vouuuuu, vouuu, et on voyait les vagues s'abattrent sur la grève, la houle, je crois qu'on appelle ça comme ça, la houle voletait partout, ça donnait une impression étrange d'être seul, de pas être grand chose. Je sais, c'est un cliché, un lieu commun, un boulevard. Mais je m'en fiche, c'était vrai. C'était un océan plein de force et de tout ce que ça peut porter avec cette force, un océan, des choses du fond des mers, des hommes que ça ramasse dans le creux de ses vagues les jours de tempête, des carcasses de bateaux, des morceaux de sachets plastiques, des bouteilles avec des messages gorgés d'eau et de désespoir, des poissons qu'on ramasse pour les mettre sur des tables dressées à côté d'un grand cru de Bourgogne Blanc, et c'est comme si l'océan il m'emportait et revenait me déposer, je voulais me laisser porter par les vagues, pour un peu j'aurais eu envie même qu'il m'abandonne dans un creux, avec les marins, c'est beau un marin quand c'est sonné par la violence de sa mer. C'est toujours beau les marins, c'est beau un homme qui s'en va à la mort en laissant sur le bord du port une femme en larmes.
En fait c'est pas un océan, c'est une highway. Mais j'entends vouuu, vouuu quand j'ouvre les fenêtres au 47è étage de mon skyskrapper, et je le sais, l'océan n'est pas loin, dans ce pays immense, l'océan n'est jamais loin. Même l'Histoire est venue de là, de l'océan, alors forcément, ça imprègne, c'est comme les messages à la mer, ça imprègne toujours l'eau.
Dans ce pays, tout est nouveau, rien n'est jamais très vieux, alors on n'a pas le culte des vieux, un peu des vieilles choses, parce qu'on aussi peur de mourir, ici. Mais dans le fond, on s'en fout. Ce sont des détails, l'autre jour, Stefen me disait sans amour je ne peux pas vivre. Je lui ai dit ce n'est pas vrai, comment tu fais, maintenant? Tu (sur)vis bien. Mais ce n'était pas vrai, il avait raison, sans amour, on ne peut pas vivre. Juste, ce qu'il y a, c'est qu'on est jamais sans amour, de l'amour on peut en trouver partout, de tout, de n'importe quoi, d'un chien, même, si on est patient et qu'on a pas peur des grosses langues baveuses, même les putes qui claquent leur talons sur la 42è elles en donnent à hauteur de billets verts, je le sais parce que les hommes qui les insultent en passant ils leur en veulent de cet amour qu'elles savent donner aux inconnus et que eux ont du mal à donner à leur épouse apostolique aux cheveux léchés par les coiffeurs so frenchy de chez Biguine sur la 5è. C'est Bonnie qui dit que les hommes les insultent, moi je les ai pas écouté, j'ai cru qu'ils voulaient une pipe ou quelque chose comme ça, le genre de chose qu'on demande aux putes dans les films habituellement: c'est combien, et on va chez toi ou chez moi. Mais Bonnie aime bien penser que les femmes sont en mauvaise posture dans ce monde. Moi je sais pas, je fais pas gaffe. Avant j'étais jaloux de leurs sacs à main et de leurs talons, et puis finalement, je me suis dit que ça servait à rien de choisir des attributs qui te désignaient tout de suite en position d'infériorité. Ça ne m'a plus fait bander de me mettre à genoux devant les hommes et de jouer les poupées Barbie grandeur nature. Si je faisais de l'humour, je dirais que je suis pas assez conne pour faire la fille, mais Bonnie n'aimera pas cet humour machiste. Je m'abstiens. Si seulement j'avais appris à me mettre à genoux devant des curés, j'aurais peut-être pas eu autant besoin de le faire devant tellement de mecs nus en train de faire des ouaiiiiiis, encore, pompe à fond... j'aurais été habitué à entendre vous ferez cinquante ave maria pour avoir osé imaginé qu'un pénis vous pénêtre les fesses, mon fils. Ça aurait été une autre vie. C'est à chaque fois sur des détails que tout se fait, et je le sais, ça aussi c'est un cliché, un lieu commun, un boulevard. Mais ça aussi, je m'en fiche bien. C'est Nico qui chante These Days, faut vraiment être aux États Unis pour écouter Nico, voir des champs de skyskrappers par la fenêtre et des highways lumières rouges filantes d'un côté, jaunes de l'autre, faut vraiment boire du café Starbucks et réspirer de l'air conditionné, entendre les cinq ascenseurs du building faire des yoyo en bipbip et penser à l'océan. Au téléphone ils me demandent si je suis Français. Ça me poursuivra longtemps. Ça veut dire que je mange des grenouilles et que je suis contre la guerre et pour les Arabes. Que j'aime les vieux grabataires et que chez moi la vaisselle est en porcelaine et en cristal et que les toilettes sont sur le palier.

Je pensais à l'océan parce que dans le fond c'est toujours comme un océan, les choses, la vie, ça va, ça revient, ça s'en va, chaque fois c'est différent, et à la fois, à chaque instant c'est jamais pareil. On pourrait filmer des océans indéfiniment, l'image serait toujours différente, et le film pourrait ne jamais s'arrêter et les spectateurs ne jamais quitter l'écran des yeux. C'est comme ce blog, c'est toujours des garçons qui viennent avec leur flot d'espoirs, et toujours des garçons qui s'en vont. C'est ce va-et-vient qui a finit par me lasser, je pense. C'est que les choses soient écrites. Qu'elles ne puissent plus être innocentes. C'est aussi le jour où je me suis rendu compte que c'était moi qui leur insuflais des choses pleines d'espoir, et c'était moi-même qui me décevais de ces éspoirs vains. Alors là seulement j'ai pu un jour espérer aimer. Et me faire aimer. Je vais arrêter ce blog.


Posté par Mike Nietomertz à 04:12 - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 août 2006

Christian Vanneste ne l'emportera pas au Paradis.

beuarkContre Christian Vanneste, homophobe notoire, élu UMP du Nord et très copain avec Nicolas Sarkozy, la rebellion s'organise http://www.antivanneste.canalblog.com/

Toute affiliation de l'homophobie avec l'UMP ne paraît pas contradictoire, ita est.

Posté par Mike Nietomertz à 16:27 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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